Toiture verte, au-delà de l’esthétique

Toiture verte, au-delà de l’esthétique

Loin de l’image superficielle qui leur est parfois associée, les toitures végétalisées possèdent des atouts bien concrets, et même utiles : esthétique, économie, confort, respect de l’environnement, durabilité. À condition bien sûr de respecter certains principes.

Une toiture végétalisée, ou toiture verte, est une toiture plate (ou en légère pente), aménagée pour être recouverte de végétation. Cette solution encore peu répandue chez nous offre pourtant d’innombrables atouts qui méritent toute notre attention.

De nombreux avantages…

© Laurent Brandajs/Arch. Céline Van Impe

Tout d’abord, une toiture végétalisée offre une excellente protection contre la chaleur : la couche de substrat et les plantes protègent efficacement la toiture, et donc l’habitation, des rayons solaires. De plus, l’humidité contenue dans cette couche protectrice refroidira le bâtiment en s’évaporant (phénomène d’évapotranspiration). Par exemple, durant une journée d’été ensoleillée, une toiture plate « standard » peut atteindre 70 C° au niveau de la membrane, tandis que sa version verte restera en dessous des 25 C°. Un complexe de bâtiments équipés de toitures vertes peut donc créer un microclimat urbain plus agréable, un « îlot de fraîcheur ». 

Deuxième bonus : une protection acoustique de premier ordre. La terre végétalisée est un des meilleurs isolants acoustiques qui soient, amortissant fortement les ondes sonores extérieures.

Ensuite, les toitures végétales jouent un rôle positif de « tampon » en cas de fortes pluies, en absorbant beaucoup d’eau pour la restituer lentement, ce qui peut soulager les réseaux d’égouttage et prévenir des inondations.

Un toit vert permet également la reconstitution d’espaces naturels et écologiques favorables à la biodiversité, surtout en ville, et contribue à l’amélioration de la qualité de l’air : il absorbe du CO2, produit de l’oxygène, et capte des métaux lourds et autres polluants.

Last but not least, une toiture verte bien réalisée, ça en jette ! Les atouts esthétiques pèsent donc également dans la balance.

… et quelques inconvénients

On dénombre cependant quelques inconvénients. Si une fuite se produit, elle sera plus difficile à localiser que sur une toiture plate classique. Et puis, si l’eau issue de la toiture verte peut être stockée en citerne, son usage se limitera à l’arrosage. Elle contient en effet des microparticules minérales et présente une coloration qui la rend impropre aux utilisations domestiques.

Un entretien deux à trois fois par an est également nécessaire, mais reste limité : une heure ou deux pour enlever les éventuelles plantes invasives qui auront élu domicile sur votre toit.

Enfin, le budget sera plus élevé — en moyenne de 40 % — que pour une toiture plate classique, mais ce point est à relativiser par rapport au critère de durabilité. La stabilité et l’étanchéité des toitures végétalisées sont en effet supérieures à celles des toitures plates classiques, car les matériaux imperméabilisants sont protégés des UV et du rayonnement solaire par la couche végétale. On estime une durée de vie double de la toiture, allant jusqu’à 50 ans. Une qualité confirmée par Hugues Michot : « Une toiture verte bien conçue et bien mise en œuvre peut durer très longtemps. Les premières que nous avons installées dans la région ont presque 30 ans et se portent comme au premier jour. »

Texte Denis Vasilov

Photo d’ouverture © Laurent Brandajs/EXAR

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