Portes et fenêtres : comment se protéger des nuisances sonores ?

Portes et fenêtres : comment se protéger des nuisances sonores ?

Gros œuvre, Portes et fenêtres

Comment combattre le vacarme des voitures, des trains ou des avions ? Ou se protéger des cris des enfants qui jouent dans la rue ? Cela passe par une bonne conception de la maison et, en particulier, par le choix de portes et fenêtres adaptées.

Au niveau acoustique, les fenêtres constituent un point sensible dans les façades. Dans le cas d’une nouvelle construction, l’idéal est donc de les orienter le plus loin possible des sources de bruit. Cette solution est évidemment plus difficile à appliquer dans le cas d’une rénovation… Cela dit, de belles améliorations peuvent aussi être apportées aux fenêtres existantes.

Les châssis

Pour ce qui est des châssis, vous avez le choix entre du PVC, de l’aluminium ou du bois. Sachez que ce dernier matériau présente un léger avantage vu son poids plus important. Une fenêtre en bois plus épaisse vous protègera mieux des bruits de l’environnement.

© Reynaers Aluminium

Vous préférez quand même l’aluminium ? Optez alors pour des fenêtres à rupture de pont thermique. En effet, celles-ci offrent également de meilleures prestations au niveau acoustique. Pour les châssis en PVC, il importe surtout que les profilés soient renforcés de l’intérieur, ce qui évitera leur déformation et les éventuels problèmes d’étanchéité. Le renforcement en acier ou en fibres de verre est d’ailleurs standard dans les nouveaux profilés en PVC.

Les fenêtres disposant de plusieurs points de fermeture réglables sur le pourtour du vantail ouvrant se sont également standardisées, ce qui permet à l’ouvrant de comprimer efficacement les joints d’étanchéité contre le cadre dormant de la fenêtre. Attention toutefois aux fenêtres coulissantes : les modèles traditionnels munis de joints brosses amortissent moins bien le son que les portes levantes-coulissantes avec joints en EPDM comprimés entre le cadre fixe et la partie coulissante. Il n’est par ailleurs pas nécessaire que toutes les fenêtres d’une maison puissent s’ouvrir ; les fenêtres fixes présentent en effet de meilleures performances acoustiques.

Pour ce qui est des fenêtres existantes, veillez à contrôler leur état, car les vieux châssis en bois ont tendance à pourrir. En outre, des problèmes d’étanchéité peuvent survenir lorsque les fenêtres ont été mal ajustées (trop haut, trop bas, insuffisamment jointives…). Vous pouvez aussi détecter visuellement les fuites sonores dues à des fentes ou à des interstices entre le mur et le cadre de la fenêtre. Si le colmatage de ce type de fuites ne s’avère pas efficace, la pose de fenêtres de doublage peut offrir une solution. Une seconde fenêtre est alors installée devant la fenêtre existante, à l’intérieur ou à l’extérieur.

Le vitrage

© Profel

La qualité du verre utilisé compte encore plus que la menuiserie et que son raccord étanche à la maçonnerie. À déconseiller : le double ou triple vitrage standard, qui se compose de feuilles de verre de même épaisseur. Choisissez plutôt un vitrage asymétrique.

Les résultats seront encore meilleurs si vous optez pour un double ou triple vitrage dont au moins une couche est feuilletée. Dans ce cas, un intercalaire PVB sépare les feuilles de verre ; certains intercalaires sont même améliorés afin de garantir une isolation acoustique supérieure.

Un constat remarquable : en matière d’isolation acoustique, le triple vitrage est à peine plus efficace que le double vitrage feuilleté. Notez également que si les grandes baies vitrées laissent entrer beaucoup de lumière dans les maisons contemporaines, elles ne sont pas pour autant propices au confort acoustique.

Les volets

Si vous avez un volet avec caisson intérieur, ce dernier peut propager les bruits extérieurs dans l’habitation. Il y a moyen d’y remédier partiellement en appliquant un joint souple entre le caisson et la paroi. Vous pouvez aussi recouvrir le caisson du volet ou en garnir l’intérieur avec un matériau isolant (pour autant qu’il y ait suffisamment d’espace).

Les portes extérieures

À l’instar des fenêtres, les portes extérieures constituent un élément faible de la façade parce qu’elles sont relativement légères et qu’elles ne ferment pas toujours parfaitement sur leur pourtour. Il est particulièrement compliqué de faire en sorte que le bas d’une porte soit totalement ajusté au sol. Une possibilité consiste à placer un profilé sur le seuil, à l’endroit où la porte rejoint le sol.

© Schüco

L’inconvénient d’un tel profilé, c’est qu’il constitue un obstacle et augmente le risque de chutes. L’alternative est alors d’installer une plinthe automatique qui s’abaisse automatiquement lorsque vous fermez la porte et qui, de la sorte, bouche l’interstice en position fermée.

Dans une rue animée, il vaut mieux choisir une porte de rue insonorisée. Par ailleurs, il faut bien sûr éviter les ouvertures telles que les boîtes aux lettres traversantes. Les serrures à cylindre, utiles pour décourager les cambrioleurs, s’avèrent également efficaces dans la lutte contre les nuisances sonores. Alourdir une porte existante ou la recouvrir d’une matière adaptée n’est généralement pas une bonne idée car, dans la plupart des cas, les charnières n’ont pas été conçues pour supporter le poids supplémentaire.

Texte Wim Deloof
Photo d’ouverture © Yannick Milpas/Tom Mahieu Architecten

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