Pierre naturelle versus carrelage en céramique

Pierre naturelle versus carrelage en céramique

Intérieur, Revêtements de sol et plinthes

Bien que les sols coulés (béton, résine synthétique...) gagnent du terrain dans les intérieurs de style moderne ou industriel, le succès des carrelages en céramique et de la pierre naturelle ne se dément pas. Ils présentent en effet de nombreux avantages : ils sont durables, résistants... et faciles à entretenir. Ils s'adaptent de surcroît à tous les styles d'intérieur. Mais comment choisir entre ces deux revêtements de sol ? Nous les avons comparés point par point. 

Carreaux de céramique

Issu d’une pâte imperméable chauffée à plus de 1 000 °C, le carreau de céramique – dénommé couramment « carrelage » – est une création industrielle composée d’un mélange d’argile et de silice auquel peuvent être ajoutés des pigments et des colorants. C’est probablement le revêtement qui offre le plus de possibilités : multiplicité des formats, choix des teintes, des dessins et des textures… Il présente de surcroît des caractéristiques techniques de haut vol et une facilité d’entretien incomparable. Les catalogues des marchands regorgent d’idées et de propositions. La tendance actuelle est à la pose de carreaux de grandes dimensions et aux joints minimalistes.

© Vilvordit

Utilisation

Les carrelages céramiques peuvent être utilisés dans toutes les pièces intérieures ainsi qu’à l’extérieur. La norme PEI (Porcelain Enamel Institute) les classe en fonction de leur résistance à l’usure et permet ainsi de choisir les carreaux de céramique en fonction du lieu d’usage (chambre, séjour, couloir, etc.).

Formats

Les formats les plus courants et les plus utilisés vont du 30/30 cm (format de base, généralement le plus économique) au 45/45 cm. On entre ensuite dans le domaine des carreaux de grands formats qui ont actuellement le vent en poupe ; parmi ceux-ci, les formats carrés de 60/60, 75/75 et 80/80 cm ainsi que les formats rectangulaires de 40/120 et 60/120 cm restent abordables. Au-delà, on entre dans les très grands formats – 90/90, 120/120, 75/150 et jusqu’à 150/300 cm (qui peuvent aussi être utilisés sur les murs, couvrant sans joints horizontaux la hauteur d’un étage) –, beaucoup plus onéreux.

Finitions

La finition est généralement lisse et teintée dans la masse pour le carreau de grès cérame (un type de carreau céramique sophistiqué). Mais tout est possible, depuis la tomette provençale en terre cuite à l’imitation parfaite d’une dalle de marbre, d’une lame de bois ou d’un sol en acier, en passant par la mosaïque. On distingue les céramiques naturelles des céramiques émaillées. Ces dernières sont recouvertes d’un émail cuit au four qui les imperméabilise durablement.

Pose

L’épaisseur des carreaux est de +/- 1 cm. La pose se fait au ciment colle sur une chape dressée de niveau et parfaitement dépoussiérée. Si nécessaire, une couche d’égalisation est coulée. Plus le carrelage est de grand format, plus la pose est délicate en raison du poids et de la taille des éléments. Les joints ont une largeur par défaut de 5 mm, diminuée à 3 mm si les carreaux sont rectifiés (bords équarris pour obtenir des carreaux de dimensions parfaitement identiques).

Avantages

Le choix évidemment, mais aussi la solidité, la durabilité, l’insensibilité aux taches. En cas de bris, il est possible de remplacer l’élément cassé assez facilement.

Inconvénients

Matériaux durs par nature, les carrelages sont sonores (peu d’isolation contre les bruits d’impact) et froids aux pieds.

Prix

Une règle à retenir : plus le format est grand, plus le prix est élevé. Fourniture de 15 à 25 euros/m2 pour un grès cérame d’entrée de gamme, de 30 à 50 euros/m2 pour un carrelage standard, et de 60 à 120 euros/m2, voire plus, pour des carreaux de très grands formats rectifiés ou à la structure travaillée. Pour la pose, comptez 35 à 50 euros/m2 pour des carreaux jusqu’à 60/60, et de 50 à 75 euros/m2 pour les très grands formats.

 

Pierre naturelle

Traditionnellement coûteux, le revêtement en pierre était autrefois utilisé dans les maisons bourgeoises comme reflet de l’opulence du propriétaire. La pierre est un matériau noble façonné par la nature pendant des millions d’années. Les transformations géologiques ont créé des roches magmatiques (granit, basalte, etc.), des roches sédimentaires (calcaire, travertin, etc.) et des roches métamorphiques (marbre, ardoise, etc.). Extraite en carrière, la pierre apporte une touche unique à l’habitation.

Utilisation

Bien que le revêtement en pierre se soit démocratisé, il est encore souvent réservé aux pièces nobles de l’habitation. L’évolution technique vers des éléments de faible épaisseur et le développement de produits d’imperméabilisation permet la pose collée sur chape et le placement dans toutes les pièces, y compris à l’extérieur.

© Beltrami

Formats

S’il n’y a, a priori, pas d’autres limites que celles déterminées par le sciage en carrière, les formats courants ne dépassent pas les 60/60 cm pour une raison de poids des éléments lors de la pose. Les épaisseurs vont de 1 à 3 cm pour les carreaux intérieurs et de 3 à 8 cm pour les allées et terrasses.

Finitions

L’aspect final dépend d’abord du choix de la pierre. La pierre bleue du Hainaut propose de multiples possibilités de finitions de surface : sciée, écurée, adoucie, polie ou encore piquetée, bouchardée, battue, givrée, ciselée, gradinée… La finition sera lisse et parfaitement polie pour les marbres et les granits.

Pose

La méthode traditionnelle est la pose au mortier. Elle s’impose pour compenser les différences d’épaisseur des carreaux d’origine naturelle et assurer le réglage parfait du niveau fini. Les éléments rectifiés, d’une épaisseur de 10 à 15 mm, sont collés sur chape, comme un simple carrelage, mais avec utilisation d’un ciment colle dont la nature est compatible avec la pierre. Cette pose collée n’est possible que pour des éléments de 50/50 cm ou 60/30 cm. Les joints ont une largeur minimale pour privilégier l’effet de surface et le dessin intrinsèque du matériau.

Avantages

La beauté du matériau est un maître-atout, d’autant que la pierre est une matière vivante qui se patine avec le temps et gagne en charme avec les marques de la vie. Elle est douce au toucher et d’une durabilité égale à celle du bâtiment.

Inconvénients

Le coût reste un frein à une utilisation plus fréquente. Les pierres poreuses présentent une sensibilité aux taches et aux acides. Une imperméabilisation est conseillée avec un produit hydrofuge et/ou oléofuge dans les pièces humides.

Prix

Fourniture de 70 à 100 euros/m2 pour une pierre bleue belge en format mince, autour de 100 euros/m2 pour un granit standard et jusqu’à 250 euros/m2 pour un marbre blanc de Carrare ou un granit particulier. Le choix d’une pierre plus rare peut faire exploser le budget. Pour la pose, comptez 40 à 60 euros/m2 pour les carreaux collés sur chape et de 75 à 100 euros/m2 pour une pose traditionnelle au mortier.

Texte Gérard Kaiser
Photo d’ouverture © Vilvordit

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