Murs intérieurs : quel matériau choisir?

Méthodes de construction

La construction à l'aide de blocs est une technique plus que séculaire.

La construction à l’aide de blocs est une technique plus que séculaire. Les Egyptiens, les Grecs et les Romains nous ont précédés. Aujourd’hui, nous n’utilisons plus de grands blocs massifs en pierre naturelle pour construire les murs porteurs intérieurs, mais des grandes briques de type ” snelbouw “, des blocs en béton, en béton cellulaire, en silicocalcaire …

Avec l’apparition des murs creux, s’est généralisée l’utilisation de blocs creux pour la construction des murs intérieurs et des murs porteurs. Si auparavant on utilisait exclusivement des blocs pleins en béton, les blocs creux en terre cuite (” snelbouw “) ou en béton, les blocs d’Argex , les blocs en béton cellulaire ou en silicocalcaire ont maintenant pris leur place. La construction en blocs se justifie largement par son coût modique, sa rapidité d’exécution, sa flexibilité et son pouvoir isolant. Aperçu.

Le mur creux

• Jusqu’au milieu du siècle passé environ, on ne construisait que des murs pleins. Le sud de la Belgique utilisait principalement de la pierre naturelle (parce qu’elle était disponible dans la région et bon marché) tandis que le nord du pays construisait essentiellement en briques (parce que l’argile s’y trouvait en suffisance). Ce type de mur plein s’avérait finalement coûteux parce qu’il nécessitait une main d’oeuvre importante et énormément de matériaux. Des problèmes d’humidité apparaissaient fréquemment et l’ensemble était particulièrement inerte. Inerte dans le sens où la masse et la composition des murs étaient telles qu’ils avaient une grande capacité calorifique : une maison possédant de tels murs est donc difficile à réchauffer en hiver (désavantage) mais garde plus longtemps une agréable fraîcheur en été (avantage).

• La solution à ces problèmes est venue de l’invention du mur creux. Un mur intérieur, la partie portante du mur, est maçonné à l’aide de blocs creux en béton ou de blocs creux en terre cuite (” snelbouw “). Meilleur marché et également plus rapide à mettre en oeuvre. Le long de ce mur porteur et relié à lui pour la stabilité de l’ensemble, vient se placer le mur extérieur, maçonné en briques de format classique. Entre les deux, un vide. L’humidité qui traverse le mur extérieur peut s’évacuer par des joints verticaux ouverts dans le bas du mur.

Cette méthode de construction réduit l’inertie du mur. Les blocs creux en béton ou de type snelbouw utilisent forcément moins de matériau et ont de ce fait une masse moindre. Et cette méthode de construction augmente également les pertes calorifiques.

• La première crise pétrolière a rapidement fait découvrir l’importance des pertes de ces précieuses calories. Depuis, l’isolation doit empêcher qu’elles s’échappent par les murs. Le creux du mur se présentait et se présente toujours comme le lieu idéal où installer cette isolation. Placé contre le mur intérieur, le matériau isolant fonctionne comme une importante barrière aux pertes de chaleur. En outre, ainsi posé, il est à l’abri de l’humidité.

Les blocs en béton

â–Â? Les blocs en béton sont faits de ciment, de sable et de gravier. De par sa composition, le béton est creux mais il est possible d’y remédier (partiellement) en y intégrant certains additifs ou en le faisant ” vibrer ” pour éviter la formation de bulles d’air.

â–Â? Les blocs pleins en béton peuvent supporter de lourdes charges. Raison pour laquelle ils sont énormément utilisés pour les fondations et les caves (maçonnerie souterraine et portante). Ils sont évidemment aussi très lourds, ce qui est un désavantage non seulement au niveau de leur transport, mais aussi pour leur mise en oeuvre sur le chantier.

â–Â? La maçonnerie hors sol est donc généralement réalisée en blocs creux: ils ont toujours une portance élevée, mais sont plus légers et donc plus faciles à maçonner.

Il existe d’énormes différences de qualité et de prix dans les blocs creux en béton en raison de la diversité des lieux et des conditions de fabrication. Exigez donc toujours le label Benor en garantie de qualité.

Le label Benor vous garantit que le produit répond à la norme belge (NBN).

Le problème ne se pose pas pour les autres types de blocs, fabriqués par de grandes firmes et sous des conditions de production contrôlées. Ils ont non seulement le label Benor mais souvent aussi un agrément technique.

â–Â? Le béton est un produit hétérogène: il présente des pores ouverts et n’est donc pas étanche, ni à l’eau ni au vent. Un défaut qui peut encore se voir renforcé par des fissures ou des lézardes dans les joints en mortier. Par son poids élevé, le bloc en béton offre, par contre, une bonne isolation acoustique.

Les blocs en béton de billes d’argile expansée

â–Â? Généralement appelés blocs d’Argex… qui est en fait un nom de marque. Le mélange dont ils sont faits remplace le gravier rond ou la pierraille par des billes d’argile expansée. Comme ces billes d’argile expansée sont beaucoup plus légères, les blocs le sont aussi et sont donc nettement plus faciles à manier.

â–Â? Les billes d’argile expansée contiennent également beaucoup d’air emprisonné qui donne à ces blocs un meilleur pouvoir isolant. Par contre, leur poids plus faible joue en défaveur de l’isolation acoustique. Ils ont aussi une portance plus faible que les blocs creux en béton.

Les blocs creux en terre cuite

â–Â? Il s’agit ici de grandes briques perforées, bien plus grandes que les traditionnelles briques de façade que tout le monde connaît (par exemple : 29cm de long, 9, 14 ou 19cm de hauteur et 9, 14 ou 19cm de largeur).

â–Â? Comparées aux blocs en béton, elles sont plus légères et donc, plus faciles à mettre en oeuvre pour le maçon. Elles sont principalement utilisées pour la construction des murs porteurs intérieurs, mais leur portance est plus faible que celle des blocs creux en béton et d’un point de vue mécanique, elles sont aussi plus fragiles.

â–Â? Les briques “snelbouw” sont plus performantes que les briques pleines sur le plan de l’isolation thermique. Mais en raison de leur masse plus faible, elles constituent un agent moins isolant au niveau acoustique que les blocs de béton pleins. Il existe toutefois, comme toujours, des exceptions : ainsi, Terca propose la brique snelbouw Porotherm qui assure une meilleur isolation acoustique que les autres.

Remarque: il existe aussi depuis quelque temps, des briques ” snelbouw ” qui peuvent être collées au lieu d’être maçonnées. La technique qui consiste à assembler les blocs à l’aide d’une fine couche de colle spéciale est relativement récente. La couche de colle doit être uniforme et la mise en place des blocs doit être précise. Ce collage demande toutefois un outillage spécial et des placeurs expérimentés. Cette méthode améliore l’étanchéité à l’air de la paroi.

Blocs en béton cellulaire

â–Â? Ces blocs sont faits d’un mélange de sable, de chaux, d’air, d’eau et de ciment. Les blocs en béton cellulaire sont légers et de couleur blanche.

â–Â? Du fait même de leur méthode de fabrication, ces blocs contiennent beaucoup de petites bulles d’air qui leur donnent un meilleur pouvoir isolant. Utilisés en épaisseur de 24 et 30 cm, ils rendent superflue la pose d’un isolant supplémentaire pour répondre aux normes de la PEB (performance énergétique des bâtiments).

Les blocs sont grands mais restent très léger en raison de leur composition. Ce qui rend leur utilisation très facile et moins fatigante.

â–Â? En raison de leur mode de production (de grands blocs recoupés), ils sont faciles à couper sur mesure et présentent des surfaces bien lisses. Ces blocs ne sont généralement pas maçonnés au mortier, mais à l’aide d’un ciment colle spécial. Ils sont étanches au vent et la technique du collage exclut quasi totalement la présence de fuites d’air.

â–Â? Lorsque l’on travaille avec des blocs en béton cellulaire, il faut que les linteaux, les hourdis et les panneaux de toiture soient du même matériau afin d’éviter les ponts thermiques.

â–Â? Le béton cellulaire est un matériau doux dans lequel il est facile de creuser des gaines pour encastrer des conduites pour l’électricité, le sanitaire ou le chauffage. Les trous se forent tout aussi facilement à l’aide d’une simple foreuse. C’est aussi un matériau dans lequel il est facile de clouer, ce qui peut être intéressant lorsque l’on veut apposer certains revêtements de mur ou de plafond.

â–Â? La planéité des murs permet la pose d’un crépis extérieur, avec ou sans pose d’un isolant supplémentaire. Ce qui épargne bien évidemment le coûteux travail de maçonnerie d’un mur extérieur, mais cette finition n’est pas autorisée partout (prescriptions urbanistiques, mais surtout prescriptions de lotissements) et tout le monde n’en est pas amateur. Autrement dit, ces blocs permettent de se passer d’un creux et d’un mur extérieur.

Les blocs en silicocalcaire

• Ce matériau est fait de sable, de chaux et d’eau, sans additifs. Les blocs en silicocalcaire sont parmi les matériaux de construction qui ont une grande précision dimensionnelle. Ce critère est particulièrement contrôlé dans le cadre de l’agréation Benor. Les blocs en silicocalcaire sont blancs.

• La résistance à la compression élevée du silicocalcaire fait de ces blocs un matériau tout indiqué pour les murs porteurs. Ils peuvent même être utilisés pour des murs de cave ou des murs ayant à supporter de lourdes charges.

• Les blocs en silicocalcaire peuvent être collés. Combinés à un isolant posé dans la coulisse (un creux isolant) , ils donnent une bonne isolation thermique. Grâce à leur bonne étanchéité et à leur grande masse, ils apportent également une bonne isolation acoustique. Offrant enfin une grande inertie thermique, ils permettent d’éviter les fortes variations de température.

Comment choisir?

Tous ces matériaux ont déjà fait la preuve de leurs qualités dans la pratique. Tous ont leurs avantages et leurs inconvénients. Les principaux aspects qui doivent être pris en considération sont leurs avantages spécifiques (solidité, coéfficient d’isolation…), le prix, la rapidité de mise en oeuvre, les prescriptions urbanistiques et l’expérience qu’a l’entrepreneur du matériau choisi. Un entrepreneur qui a l’habitude de travailler avec des blocs en béton et moins avec des blocs en silicocalcaire ou en béton cellulaire aura tendance à gonfler un peu son offre de prix s’ils doit travailler avec les seconds.

Tous les blocs sont fabriqués industriellement et ce processus de fabrication demande de l’énergie. Pour certains, ce critère peut être important.

Enfin, la maison doit satisfaire à certaines exigences sur le plan de la consommation d’énergie (EPB en Flandre et nouvelle réglementation prévue fin 2007 en Wallonie et en région Bruxelloise). Le choix devra donc être arrêté en accord avec l’architecte et en fonction des calculs relatifs de la future consommation de la maison. Ce dernier critère est même le plus important parce que, lorsque vous aurez payé la maison, vous devrez commencer à payer les factures d’énergie. Plus vous la réduirez, plus vous y gagnerez à long terme.

Jef Sels

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