Mettre à nu des anciens murs sans faire d’erreur

Mettre à nu des anciens murs sans faire d’erreur

Cloisons intérieures, Gros œuvre, Intérieur

Certains projets de rénovation recèlent de vrais trésors : anciens murs en pierre ou plafonds à voussettes apparentes apportent un supplément d’âme inestimable à l’atmosphère intérieure... à condition de les mettre en valeur sans commettre d’erreur !

À l’intérieur, les murs de vieilles briques ou de moellons ont un indéniable cachet. Les maisons récentes sont généralement construites en blocs de terre cuite, de béton ou de béton cellulaire. Mais si vous mettez à nu les murs d’une maison ancienne, il y a de fortes chances que, sous la couche de plâtre, vous trouviez de jolies briques ou un bel assemblage de moellons. Il suffit généralement de quelques interventions judicieuses pour les préserver. Attention cependant, tous les anciens murs ne sont pas nécessairement destinés à être laissés à nu. Enlever le plafonnage des murs extérieurs a un impact très négatif sur leur étanchéité à l’air et sur leurs propriétés acoustiques.

Dans quel état conserver ?

La première étape consiste à mettre le mur à nu en enlevant le plâtre. C’est un travail long mais facile que, par souci d’économie, vous pouvez très bien exécuter vous-même. Un petit marteau piqueur, léger et maniable, est l’outil idéal. Si nécessaire, on en trouve en location. La seconde étape consiste à brosser le mur avec une brosse en acier pour faire tomber les derniers morceaux de plâtre et dépoussiérer un maximum (prévoyez un aspirateur à proximité).

Une fois le mur ou le plafond mis à nu et dégagé de tout élément, il faut commencer par dresser le constat de son état : un matériau trop poreux ou qui s’effrite ne permettra pas l’application des produits de protection nécessaires pour un maintien correct et un entretien facile. De même, si les irrégularités donnent du charme, les dégâts plus importants (trous, fissures…), eux, risquent de nuire à l’esthétique du projet. En effet, pour préserver l’intégrité et le charme d’anciens murs ou d’un vieux plafond, il est impensable de remplacer les éléments manquants ou abîmés par des matériaux neufs ! Si vous effectuez des travaux de démolition ailleurs dans la maison, pensez certainement à conserver quelques briques ou quelques pierres pour ragréer la paroi conservée. Vous pourrez aussi vous procurer certains éléments anciens chez des marchands de matériaux spécialisés.

Cette solution présente toutefois deux difficultés majeures : trouver les éléments assortis à ceux présents dans le mur à rénover (taille, aspect, coloris…) et les mettre en œuvre de façon adéquate (technique ancienne, matériau de scellement, de rejointoiement…). Sans quoi le résultat ne sera pas à la hauteur des espérances…

Si les joints ne sont plus suffisamment solides, faites-les tomber également et rejointoyez par la suite. À défaut, le vernis de finition pourrait ne pas pénétrer suffisamment.

Un nettoyage indispensable

Quel que soit l’état de la paroi à conserver, il faudra d’abord procéder à son nettoyage approfondi. Vous ne pouvez pas simplement laisser un mur de briques apparentes sans une couche de finition car vous serez perpétuellement gêné par la poussière.

Dans le meilleur des cas, un nettoyage léger suffit : un passage avec un aspirateur adapté et une brosse. Ensuite, il ne vous restera plus qu’à protéger la paroi avec un produit adapté. Notez que le nettoyage soigné du mur ou du plafond est aussi indispensable pour assurer l’accroche optimale du vernis de finition. Il suffit donc d’appliquer sur les joints et les briques un vernis spécial, une sorte de liant, qui rend le mur hydrofuge et garantit un dégagement minimum de poussière. Comparé à un mur plafonné, il est certain qu’un mur de briques produira toujours plus de poussière, mais un traitement correct limitera sérieusement cet inconvénient.

Les parois plus encrassées, par contre, demandent des méthodes de nettoyage plus lourdes à mettre en œuvre comme le passage au jet d’eau à haute pression ou le sablage. La faisabilité technique et économique de ces méthodes dépend de la taille du chantier, de l’occupation ou non de la maison (dans le cas d’une rénovation partielle), ou encore de l’état des anciens murs.

Lire aussi > Comment mettre en valeur un mur apparent

La protection du mur

Après le nettoyage, il convient encore de raviver la couleur de la brique, de la pierre ou du béton et de les protéger. Différentes solutions existent. Un simple produit antitache protégera la surface en conservant une structure plus ou moins poreuse et un aspect brut. Par contre, l’application d’un vernis empêchera tout rejet de poussière du mur et facilitera grandement son entretien par la formation d’une pellicule étanche sur la brique ou la pierre.

Le choix se portera sur l’une ou l’autre solution en fonction de l’effet visuel souhaité ou de critères plus pratiques (absence totale de poussière ou risque d’en avoir toujours un peu). Les produits hydrofuges, souvent appliqués en extérieur, conviennent également pour protéger les murs intérieurs en matériaux bruts apparents, avec l’avantage d’être respirants.

Le choix du vernis
Comme il existe plusieurs types de vernis, il convient au préalable de bien vous renseigner sur leurs caractéristiques. Certains servent principalement à la fixation du mur afin de réduire au maximum les dégagements de poussière, d’autres se caractérisent par leurs propriétés hydrofuges ou la facilité de nettoyage. Il arrive que les briques changent légèrement de teinte après application du vernis. Elles peuvent être plus sombres ou se couvrir d’un voile blanc. On conseille donc de tester le produit sur une petite partie du mur et de suivre attentivement les instructions du fabricant.

Quid de l’isolation et des problèmes d’humidité ?

Isoler les habitations est devenu un réflexe, même dans le domaine de la rénovation. Si vous envisagez d’isoler un mur ou un plafond et d’en conserver les matériaux apparents à l’intérieur, la seule solution sera évidemment d’isoler par l’extérieur (ce qui est toujours le meilleur choix technique). Pour les murs de façade, ceci implique de renoncer à l’aspect extérieur de votre habitation, puisqu’il faudra par exemple appliquer un enduit sur isolant. En cas de débordement sur l’espace public – pour les façades à rue –, il est recommandé de demander les autorisations adéquates sous peine d’avoir des problèmes avec l’urbanisme ! À noter toutefois qu’en Flandre, un débordement de 14 cm sur l’alignement est autorisé.

Les problèmes d’humidité, quant à eux, peuvent entraîner des auréoles inesthétiques sur les anciens murs concernées et, à terme, provoquer une détérioration importante. Quand c’est possible, il faut agir sur la source du problème, par exemple en protégeant des pluies battantes la face extérieure du mur avec un hydrofuge ou en vérifiant l’état des corniches. S’il s’agit d’humidité ascensionnelle, le mieux est d’injecter un produit hydrophobe en bas de mur. Cette méthode présente néanmoins un grand désavantage dans le cas de matériaux bruts apparents, puisqu’il faudra camoufler tant bien que mal les trous réalisés lors de l’injection… Enfin, en cas de problème ou de risque d’humidité, il est recommandé de ne pas étanchéifier la surface du mur par l’application d’un vernis, afin que le mur puisse respirer et l’humidité s’échapper.

Lire aussi > Structure apparente : réaction des matériaux en cas d’incendie

Texte Sylvie Reversez et Tom Mondelaers
Photo Bram Tack/Acht en half architectuur

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