Matériaux vivants: règles de l’art

Revêtements de sol

Les revêtements de sols naturels, en pierre et en bois, apportent un cachet inégalable à votre aménagement. Ces matériaux vivants évoluent avec le temps, se patinent, donnent une âme à votre intérieur. Mais encore faut-il choisir convenablement son produit et le faire poser dans les règles de l'art...

Les revêtements de sols naturels, en pierre et en bois, apportent un cachet inégalable à votre aménagement. Ces matériaux vivants évoluent avec le temps, se patinent, donnent une âme à votre intérieur. Mais encore faut-il choisir convenablement son produit et le faire poser dans les règles de l’art…La pierre ? Il n’y a pas plus belge comme revêtement de sol. Notre pays a la chance d’avoir de nombreux gisements de pierre de très bonne qualité, qui offrent une gamme étendue de produits de revêtement. Rien qu’en Wallonie, l’association Pierres et marbres de Wallonie regroupe une trentaine de carrières qui produisent ensemble 17 sortes de pierres différentes.

D’ailleurs, avec 950 000 tonnes de production annuelle, la Belgique se place 4e au niveau des exportations européennes et 9e sur le plan mondial ! La diversité des couleurs et des traitements permet donc de réaliser des effets multiples et de donner des cachets très différents à une habitation.

Le grand avantage de la pierre est sa durabilité, son caractère hygiénique et son aspect naturel, qui continue à vivre au fil des ans. Par ailleurs, vu qu’il s’agit d’un matériau 100 % naturel, il n’existe pas deux pierres parfaitement identiques. Certaines sont tachetées, d’autres marbrées de veines colorées ou blanchâtres. Ces imperfections apportent un caractère unique à la pierre.

Quelles variétés ?

Parmi les pierres belges, on compte essentiellement deux catégories : les pierres calcaires (petit granit, calcaire de Meuse, marbre, etc) et les pierres siliceuses (grès, quartzite, etc) Même si, pour le néophyte, toutes ces variétés ne semblent se distinguer que par leur aspect, elles ont en réalité chacune des caractéristiques spécifiques, des tailles et donc des usages recommandés. Mieux vaut donc se renseigner avant de flasher aveuglément sur un produit.

Parmi ces pierres, le petit granit est certainement le plus connu. C’est celui qu’on appelle aussi communément pierre bleue belge. Il se caractérise par de petites taches blanches (crinoïdes). On en trouve dans les carrières du Hainaut, dans le bassin liégeois, au sud de Namur.

C’est une pierre qui offre de nombreuses possibilités, tant au sol que pour les murs, et même en sculpture, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. Elle peut prendre des teintes assez différentes en fonction du traitement.

À côté de cette pierre bleue, on retrouve aussi les marbres, qui eux seront généralement polis ou adoucis, donc surtout prisés en intérieur. Ces pierres présentent une surface veinée et existent en différentes teintes : rouge, gris, noir. Ce dernier est l’un des plus pur au monde. On retrouve aussi fréquemment le schiste, par exemple, qui présente une surface anthracite intéressante et assez texturée. Cette pierre est en plein développement.

Toutes ces pierres sont produites en Belgique. En parallèle, de nombreuses firmes proposent également des pierres importées, notamment d’Asie, dont les prix sont souvent très concurrentiels. Les deux marchés, belge et étranger, ont chacun leurs défenseurs et leurs détracteurs. Il faut toutefois garder à l’esprit, même si ce n’est pas toujours le cas, que la qualité des pierres asiatiques est moins garantie que celle de la pierre belge.

On y trouve donc de tout : du bon et du mauvais. Par ailleurs, les pierres asiatiques sont souvent moins unitaires, plus veinées. Elles présentent même parfois des veines orangées, ce qui donne un aspect patchwork pas toujours heureux.

Lorsque vous choisirez votre pierre, il faudra donc être particulièrement attentif à la qualité affichée. Demandez une fiche technique sur laquelle figurent la résistance à la pression, la porosité et d’autres caractéristiques et examinez-la avec l’architecte ou une autre personne spécialisée. Il faudra surtout vous assurer que la pierre convient à la pièce où vous souhaitez la placer (intérieur ou extérieur, endroits très ou peu fréquentés, pièces humides ou non, etc).

N’oubliez pas de contrôler vos carreaux lors de la livraison. S’ils sont trop différents de l’échantillon, ou s’ils sont mal calibrés (s’ils n’ont pas tous la même épaisseur), il est toujours possible de les faire remplacer.

Les producteurs classent également certaines pierres par catégories commerciales (qui ne correspondent pas à la solidité mais à la présence d’irrégularités dans la pierre). Ces classements servent essentiellement aux marbriers mais peuvent toujours être mentionnés aux particuliers intéressés.

La pierre bleue belge par exemple se classe en 3 choix, en fonction de l’endroit du gisement où la pierre a été prélevée et donc de ses caractéristiques. Ainsi, le 1er choix est une pierre de haute qualité, sans noirures (joints irréguliers apparaissant sous forme de lignes charbonneuses dans la pierre) ; elle servira notamment à la sculpture.

Le 2e choix, appelé aussi choix courant, sera plutôt utilisé pour les dalles intérieures en finition adoucie, par exemple. Le 3e choix présente plus de noirures et est utilisé pour des dalles rustiques, vieillies, etc.

Quelle finition ?

L’aspect d’une pierre peut changer du tout au tout en fonction de la finition choisie. À l’intérieur, les usagers préfèrent généralement une pierre polie (foncée et brillante), adoucie (lisse et mate) ou brute de sciage (plus claire – des bandes de nuances différentes et des traces des lames de sciage sont visibles).

À l’extérieur, des surfaces plus texturées sont conseillées : bouchardées (on voit une texture pointillée), ciselées (le relief est marqué par des lignes parallèles), meulées (surface peu en relief mais où les traces de disques sont visibles), givrées (des petites lignes dans tous les sens apparaissent, comme le givre), etc. Il est bien sûr possible de jouer avec différents types de finitions pour obtenir des jeux de damier, par exemple.

Dans les carrières, les clients peuvent opter pour n’importe quel type de finition, sur mesure. Mais les grandes firmes travaillent le plus souvent avec des produits standardisés, prêts à être posés.

Quel format ?

Parmi les formats classiques, on retrouve des modèles carrés (30 x 30, 40 x 40, etc) ou rectangulaires (40 x 10, etc). Mais il est aussi possible de commander des pierres taillées sur mesure. Attention toutefois : le choix du format a parfois des conséquences inattendues.

Aujourd’hui, les dalles de grandes dimensions sont à la mode car elles offrent une belle unité visuelle, et donc une allure plus contemporaine au sol. Mais ces dalles larges doivent, pour des raisons de solidité, être plus épaisses.

Elles seront donc plus chères et plus difficiles à manutentionner sur chantier, ce qui risque d’impliquer également des surcoûts. Sans compter qu’elles devront être posées sur une chape parfaitement plate pour éviter les irrégularités. Les dalles de très petite taille (ou les dallages réalisés en opus incertum avec des modules de formes et de tailles variées) impliquent quant à elles une multiplication des joints, source d’encrassement (dans la cuisine notamment), voire de risques de fissures si le travail est mal réalisé.

Quelle pose ?

À l’intérieur, les dalles pourront être collées avec du ciment-colle sur la chape ou posées sur mortier, surtout si la chape est inégale. À l’extérieur, les pierres seront généralement plus épaisses et doivent être non gélives. Elles se poseront sur sable stabilisé et mortier.

Par ailleurs, sur les grandes surfaces, il faut permettre la dilatation des dalles en plaçant des joints flexibles. Pour la pierre bleue par exemple, à l’extérieur, un joint de dilatation est nécessaire pour une surface de plus de 35 m² ou une longueur carrelée de plus de 7 m. À l’intérieur, ce sera à partir de 50 m².

Quel entretien ?

Ce qui freine parfois les éventuels acheteurs, c’est l’entretien du matériau. Certes les pierres calcaires sont sensibles aux acides et peuvent se griffer. Mais ces taches et microgriffes s’estompent à la longue, avec la patine.

Pour nourrir la pierre et estomper ces traces, vous pouvez traiter vos dalles avec un savon neutre (type savon de Marseille ou huile de lin) dilué dans l’eau. Vous obtiendrez à nouveau un aspect brillant à l’aide d’une cire et d’une monobrosse équipée d’un pad (disque) adapté.

Il faut savoir que, pour la pierre bleue par exemple, la finition polie est la plus délicate à entretenir car sa surface lisse et brillante peut être facilement attaquée par les acides (citron, coca, vin, vinaigre,…). Les finitions moins brillantes sont donc conseillées, puisque plus faciles à entretenir (adouci noir, adouci bleu, brut de sciage).

À l’extérieur, en général, aucun produit d’entretien n’est nécessaire. La pierre sèche très vite et la végétation ne s’y accroche pas. Un jet d’eau et une brosse suffisent pour nettoyer votre terrasse. Attention : un nettoyage à haute pression peut toutefois endommager les joints.

Quels prix ?

Les prix varient fortement en fonction de la qualité de la pierre, de sa couleur, de la taille des carreaux, des épaisseurs nécessaires, etc. Pour se faire une idée, voici quelques prix hors pose et hors TVA :

Pierre bleue belge adoucie 30 x 30 : 70 euros/m²

Pierre bleue belge adoucie 50 x 50 : 107 euros/m²

Marbre 40 x 40 : 45-85 euros/m², voire plus

Schiste du Brésil 40 x 40 : 27,93 euros/m², mais il existe des schistes bien plus chers

Black Slate de Beltrami (schiste du Brésil) : 27 euros/m²

Creme Do Mos de Beltrami (pierre calcaire du Portugal) : 52 euros/m²

Woodstone Wengé de Beltrami (grès chinois) : 90 euros/m²

Fanny Bouvry

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