L’installation pour récupérer l’eau de pluie

L’installation pour récupérer l’eau de pluie

Égouttage et traitement des eaux, Gros œuvre

Une installation de récupération de l’eau de pluie est plus complexe que la simple combinaison d’un puits ou d’une citerne et d’un robinet. Pour que l’eau de pluie destinée aux usages domestiques soit de bonne qualité, elle doit suivre tout un parcours. Qui commence sur le toit.

Captation

Une première composante du système est la surface de toiture qui va recevoir la pluie. La plupart des toits peuvent servir à capter l’eau de pluie, mais on privilégiera ceux qui ont le moins d’influence sur la qualité de l’eau. Cela dépend du type de couverture. 

Les matériaux de couverture les plus courants (tuiles en terre cuite ou en béton, ardoises naturelles, zinc, acier inoxydable et verre) s’y prêtent bien. Les corniches et gouttières en zinc, acier inoxydable, acier galvanisé, PVC et autres matières synthétiques également. À l’inverse, les toitures recouvertes de cuivre, de plomb ou d’aluminium sont à éviter, étant donné que ces matériaux se dissolvent dans l’eau et sont toxiques pour l’homme. Les couvertures en bois sont, elles aussi, déconseillées, car la dissolution des huiles de traitement colore l’eau de pluie. Leur surface rugueuse retient par ailleurs une plus grande quantité d’eau, qui va ensuite s’évaporer. 

Lire aussi > L’eau de pluie : 4 questions et réponses

Préfiltration

Afin de garantir la qualité de l’eau captée, il faut éviter que des matières et impuretés viennent polluer la citerne. Pour que l’eau n’entraîne pas ces matières organiques, on peut placer des grilles et crépines dans les corniches et à l’entrée, voire à la sortie, des gouttières. Entre l’évacuation et la citerne, on peut également prévoir un système de filtration.

© DS Plastics

Stockage

Une citerne enterrée en béton est idéale pour le stockage de l’eau de pluie. L’eau doit être à température constante, avec un pH neutre et des sels minéraux dissous en petite quantité (environ 50 mg/l). Pour empêcher la formation d’algues, la citerne sera à l’abri de la lumière naturelle. 

Dans les cuves en béton (ou éventuellement en pierre calcaire), les substances acides de l’eau de pluie réagissent avec les composants basiques de la cuve, provoquant la dissolution des sels minéraux dans l’eau. Le pH de l’eau devient neutre. Alors que l’eau de pluie est acide et contient très peu de sels minéraux quand elle tombe sur le toit, elle devient neutre et légèrement minéralisée dans la cuve. Cet avantage disparaît avec une citerne en matériau synthétique. On peut toutefois y remédier en disposant des briques silico-calcaires au fond de la citerne. 

Pompage

Pour utiliser l’eau de pluie, il faut la pomper, ce qui implique l’installation d’un système de pompage. Par exemple, un groupe hydrophore placé dans la cave ou une pompe immergée dans la cuve elle-même. Un flotteur fait en sorte que l’eau soit aspirée une dizaine de centimètres sous la surface. 

Post-filtration

Une filtration fine est prévue en aval de la pompe, afin d’éliminer les plus petites impuretés. Pour la plupart des utilisations, on peut se contenter de la combinaison d’un filtre (lavable) à sédiments de 50 ou 25 microns et d’un filtre à particules d’une perméabilité de 10 microns.

Il existe également un système au charbon actif avec une perméabilité de 5 microns – qui neutralise odeur et couleur, ce qui conseillé si vous utilisez l’eau de pluie dans la machine à laver et les toilettes –, et même des filtres céramiques d’une finesse dépassant le micron, allant jusqu’à retenir les bactéries. Étant donné la très petite taille des ouvertures de ces filtres, le débit est beaucoup plus faible. Dans certains cas, l’osmose inverse peut aussi être une solution.

Texte Ben Weyns
Photo Unsplash

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