Le remplacement d’une chaudière vieillissante

Le remplacement d’une chaudière vieillissante

Chauffage central, Énergie

Envisager le remplacement d’une chaudière vieillissante est judicieux. Mais pour quelle solution opter en cette période de mutation énergétique ? Le gaz est-il possible partout ? Le mazout est-il encore un choix pertinent ? Les énergies renouvelables sont-elles capables d’apporter le confort nécessaire dans toutes les maisons existantes ? Faut-il s’orienter vers un mix énergétique ? Autant de questions qui demandent réflexion.

N’attendez pas la panne pour remplacer votre chaudière !

Remplacer une chaudière dans l’urgence suite à une panne de chauffage n’est vraiment pas l’idéal. Et un changement de combustible ne s’improvise pas. Si votre chaudière a entre 15 et 25 ans, il est grand temps de préparer son remplacement. Selon l’état et la vétusté de votre installation de chauffage, vous pouvez en effet économiser de 30 à 40 % d’énergie et pas mal d’argent, à condition de ne pas vous précipiter et de comparer soigneusement toutes les solutions disponibles sur le marché.

Allez-vous par exemple continuer à vous chauffer avec du mazout ou choisir plutôt du gaz naturel, une pompe à chaleur, une combinaison de mazout et d’énergies renouvelables ou encore du propane ? Vos besoins énergétiques sont-ils toujours les mêmes ou ont-ils diminué en raison d’autres interventions (isolation, pose de double vitrage…) ? Toutes ces questions doivent être résolues avant d’aller plus loin dans le choix d’une nouvelle chaudière.

Un audit énergétique global est le bon outil pour vous guider dans votre réflexion. Il analyse les différentes pistes possibles pour améliorer votre logement – dont le remplacement de la chaudière – et établit un ordre de priorités. En effet, avant toute autre chose, vous devez faire en sorte de diminuer les besoins en chauffage de votre habitation : isoler l’enveloppe du bâtiment, réduire les infiltrations d’air, améliorer la régulation du système de chauffage… Ces différentes mesures ouvrent la porte à des solutions de chauffage totalement exclues autrement. Une chaudière ne pourra par exemple fonctionner à basse température que si les parois de votre logement ne sont pas trop froides, une pompe à chaleur n’a de sens que si le bâtiment est correctement isolé…

Il est donc indispensable de réfléchir au-delà du simple remplacement de la chaudière, d’envisager tous les cas de figure et de chiffrer les différentes solutions pour choisir en toute connaissance de cause.

Quel combustible ?

Le choix du combustible est déterminant. Il joue sur le rendement de l’appareil ainsi que sur sa facilité d’installation et d’utilisation. Les principaux combustibles utilisés dans les chaudières sont le gaz naturel, le mazout et le bois (bûches ou pellets).

  • Le gaz

Il s’agit du combustible fossile le moins polluant pour alimenter les chaudières. Le gaz naturel offre des rendements élevés lorsqu’il alimente une chaudière à condensation. Il n’est cependant envisageable que si votre maison peut être raccordée au réseau de distribution. Ne négligez pas le coût – parfois élevé – de ce raccordement dans votre comparaison. Notons que certaines intercommunales favorisent le passage au gaz naturel en offrant des primes à l’installation. Renseignez-vous auprès du gestionnaire de réseau et demandez un devis de raccordement.

Si le gaz naturel n’est pas disponible dans votre rue, vous pouvez vous tourner vers le gaz propane et profiter de tous les avantages des chaudières gaz à condensation. Il vous faudra toutefois installer une citerne aérienne ou enterrée. Cette installation doit répondre à des exigences de sécurité qui peuvent poser quelques problèmes, notamment en matière de localisation. Les différents fournisseurs de propane peuvent vous conseiller et vous proposer plusieurs formules de financement pour votre citerne.

  • Le bois

Ce combustible a des vertus écologiques puisqu’il est renouvelable et que son bilan carbone est considéré comme neutre. Mais qu’il s’agisse de bûches ou de pellets, le bois pose des problèmes de stockage. En effet, les bûches doivent être parfaitement sèches afin d’assurer des performances optimales. Le stockage doit donc se faire dans un local protégé de l’humidité. Quant aux pellets, ils sont idéalement stockés dans un silo relié à la chaudière et contenant suffisamment de matière pour une année de chauffage. Ce stockage demande donc de l’espace et entraîne un coût supplémentaire pour l’installation du silo.

  • Le mazout

Le fioul reste une option envisageable. Son stockage est toutefois de plus en plus réglementé. Les citernes doivent répondre à des gages de qualité pour éviter toute pollution du sous-sol et, le cas échéant, des nappes phréatiques.

La condensation : un passage obligé

Depuis septembre 2015, la directive européenne ErP (Energy related Products) en matière d’éco-conception impose que toutes les chaudières domestiques installées respectent des exigences de rendement et d’émissions d’oxydes d’azote (NOx). Les chaudières à condensation sont quasiment les seules à pouvoir y répondre. C’est pourquoi, dans la majorité des cas, vous n’aurez pas d’autre choix. Cela entraîne toutefois certaines conséquences dont vous devez avoir conscience.

Les chaudières à condensation favorisent la condensation de la vapeur d’eau présente dans les gaz de combustion afin de récupérer une partie de l’énergie qu’ils contiennent (et d’accroître ainsi le rendement de combustion). Pour ce faire, elles doivent fonctionner à (très) basse température. Si votre ancienne chaudière n’était pas un appareil à condensation, vous devrez probablement adapter votre installation à plusieurs niveaux :

  • Les fumées dégagées par une chaudière à condensation étant plus froides que celles d’une chaudière traditionnelle, il est souvent nécessaire de tuber la cheminée à l’aide d’un conduit de plus faible section (rigide ou flexible) pour éviter les risques de condensation dans la cheminée. Vous pouvez aussi opter pour une chaudière à ventouse, si la configuration le permet.
  • Les condensats doivent être déversés avec les eaux usées pour neutraliser leur acidité. Il faut donc prévoir une conduite d’évacuation en PVC, raccordée à l’égout, pour les évacuer. Si votre chaudière est à la cave et qu’il n’y a pas d’égout à ce niveau, l’installation d’une petite pompe de relevage sera nécessaire.
  • Pour être performant, le corps de chauffe d’une chaudière à condensation présente des canaux très étroits. Les impuretés qui se sont accumulées au fil des ans dans vos conduites de chauffage et vos anciens radiateurs risquent de les boucher très vite et de provoquer une panne de votre nouvelle chaudière. Il est donc indispensable de pratiquer un désembouage de votre circuit de chauffage et de placer un séparateur de boues pour protéger durablement votre appareil.
  • Vos radiateurs doivent être suffisamment volumineux (ou l’isolation de la maison suffisamment efficace) pour fonctionner avec de l’eau moins chaude. Une chaudière à condensation adapte en effet sa puissance en fonction des besoins réels du logement et de la température extérieure afin de condenser un maximum et d’offrir le meilleur rendement possible. Cela nécessite parfois d’adapter ou de remplacer les radiateurs existants.

Intégrer les énergies renouvelables

  • Pompe à chaleur

Vous désirez remplacer votre chaudière par une pompe à chaleur (PAC) ? Si vous parvenez à obtenir un facteur de performance saisonnier – facteur correspondant au rendement réel de la PAC – supérieur à 3, vous serez gagnant sur toute la ligne. Mais installer une pompe à chaleur dans une maison existante demande parfois d’importants travaux. En effet, il faut d’abord que la maison soit correctement isolée et que les émetteurs de chaleur soient conçus pour fonctionner avec une eau de chauffage à très basse température (de l’ordre de 30 °C). Sachez que le facteur saisonnier est influencé par l’écart entre la température extérieure et celle de l’eau du circuit de chauffage. Plus cet écart moyen est faible, plus le facteur de performance saisonnier de votre PAC sera élevé.

Vous pouvez également envisager de coupler une chaudière à condensation (gaz ou mazout) avec une pompe à chaleur et travailler avec un système hybride. En dehors des périodes de grand froid, la pompe à chaleur fournira la chaleur nécessaire au bâtiment. Mais dès que les températures extérieures diminuent, le rendement de la PAC chute. La chaudière prendra alors progressivement le relais. Un système de régulation gère cette transition pour assurer un fonctionnement aussi écologique et économique que possible.

  • Chauffe-eau solaire

Par ailleurs, si votre chaudière actuelle produit l’eau chaude sanitaire, pourquoi ne pas en profiter pour améliorer également cette fonction ? Un chauffe-eau solaire peut produire jusqu’à 60 % de votre eau chaude et soulager ainsi la chaudière. L’investissement initial est évidemment plus important.

  • Chauffe-eau thermodynamique

L’installation d’un chauffe-eau thermodynamique (une pompe à chaleur dédiée à la production d’eau chaude sanitaire) est une autre option intéressante. Cela évite de faire tourner la chaudière en sous-régime durant l’été, uniquement pour chauffer l’eau de la douche.

En conclusion

D’autres solutions se profileront encore dans le futur comme le chauffage à pile à combustible, les réseaux de chaleur, la géothermie, le gaz d’origine renouvelable… Mais ne vous encombrez pas de ce que l’avenir nous réserve pour opérer le bon choix. Misez plutôt sur des solutions éprouvées qui vous garantissent un bon niveau de fiabilité.

Ce bref aperçu vous démontre à quel point le remplacement d’une chaudière ne s’improvise pas ! Il est important de préparer son bâtiment à ce changement, de prendre en compte la législation actuelle et future et, enfin, de demander des devis pour comparer les différentes solutions retenues afin de prendre une décision parfaitement réfléchie. Votre investissement augmentera alors la valeur de votre bien immobilier.

Pensez aussi à revoir vos habitudes de chauffage. Après travaux, il faudra poursuivre vos comportements économes en énergie pour renforcer l’effet de vos investissements !

L’abandon progressif du mazout : trois Régions, trois timings

Le pacte énergétique entre l’État fédéral et les Régions envisage de stopper la commercialisation des chaudières à mazout en 2035. C’est bien la vente de chaudières qui sera interdite à cette date, pas leur utilisation ! Cette précision change tout pour les ménages qui se chauffent au mazout. Ils pourront en effet continuer à le faire jusqu’aux environs de 2050…

  • Bruxelles

Vu la durée de vie relativement longue des chaudières à mazout, la Région bruxelloise veut avancer cette échéance à 2025. De plus, le remplacement du mazout par une autre énergie (pompe à chaleur, chaudière gaz à condensation…) donnerait droit à une prime spécifique entre 2021 et 2025.

  • Flandre

En Flandre, le débat sur l’interdiction des chaudières à mazout dès 2021 a suscité bien des remous. Le ministre en charge a dû préciser que le gouvernement flamand n’avait pas décidé d’arrêter totalement la vente de chaudières à mazout, mais bien de l’interdire dans les constructions neuves et les rénovations énergétiques profondes. La date de 2035 s’appliquerait toujours pour les autres habitations.

  • Wallonie

La Région wallonne s’est pour sa part alignée sur le calendrier fédéral de 2035. Elle compte en effet de nombreuses zones rurales non reliées au réseau de gaz, solution de remplacement privilégiée.

Adoptez une régulation moderne

Nous vous recommandons vivement d’ajouter une régulation en complément de votre nouvelle chaudière pour maximiser les économies d’énergie. Couplé à une sonde extérieure, le régulateur agit directement sur la chaudière pour moduler sa puissance. Il permet notamment de limiter les cycles de démarrage/arrêt et d’obtenir une température plus constante dans le logement. C’est encore une source de confort et d’économies supplémentaire.

Profitez aussi du passage de votre chauffagiste pour faire vérifier les vannes thermostatiques et les remplacer si nécessaire. Elles peuvent en effet tomber en panne au bout d’une dizaine d’années, ou tout simplement se gripper. Et si vous n’en avez pas, faites-en placer d’urgence !

Que faire d’une citerne à mazout ?

La mise hors service définitive d’une citerne à mazout est une mesure légale si l’on change de combustible. Cette intervention doit être effectuée par un professionnel agréé. Celui-ci procédera en trois phases :

  1. vidange, nettoyage et dégazage ;
  2. évacuation des déchets (restes de combustible, boues…) ;
  3. évacuation de la cuve (et remblai de la fosse en cas de citerne enterrée).

Si la cuve ne peut être évacuée (cuve inaccessible, par exemple), il faudra procéder à son inertage, c’est-à-dire à sa condamnation définitive, en la remplissant par exemple avec du sable ou avec une mousse de polyuréthane projetée. Comptez de 1 000 à 2 500 euros, hors TVA, selon la capacité de votre citerne et l’intervention requise.

Vous recevrez ensuite un certificat attestant que l’installation a été assainie conformément aux normes légales. Conservez-le bien. Renseignez-vous également auprès de votre commune pour savoir si vous bénéficiez d’une prime pour l’enlèvement ou la neutralisation de votre citerne.

Texte Benoît Bilocque – Econologic

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