La pluie, une fatalité ? Pas avec une bonne gestion de l’eau

La pluie, une fatalité ? Pas avec une bonne gestion de l’eau

Égouttage et traitement des eaux, Extérieur, Gros œuvre, Jardin et plantes, Terrasses et allées

Les Gaulois ne craignaient qu'une chose : que le ciel leur tombe sur la tête ! Leurs descendants doivent-ils toujours redouter les caprices du ciel ? Statistiquement, la quantité d'eau qui tombe annuellement est assez constante. En été pourtant, l'intensité des averses est de plus en plus importante. Comment retarder le rejet de l'eau de pluie à l'égout et comment utiliser au mieux ce bien précieux ?

À LA VILLE COMME À LA CAMPAGNE

L’urbanisation extensive (lotissements, centres commerciaux…) que nous connaissons ces dernières années accroît considérablement l’imperméabilisation des sols ; dans le même temps, le regroupement des parcelles agricoles élimine les zones d’absorption naturelles et facilite le ruissellement des eaux. Dès lors, l’eau de pluie a de plus en plus de mal à pénétrer dans le sol jusqu’aux nappes phréatiques. Il est toutefois possible d’apporter diverses solutions au niveau de nos logements pour supprimer ou retarder la mise à l’égout des eaux de pluie. Chaque intervention n’est sans doute qu’une goutte d’eau, mais contribue à ne pas faire déborder les rivières.

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S’IMPLANTER PLUS HAUT QUE LES ABORDS

En construction neuve, vous disposez d’une certaine liberté quant au choix du niveau d’implantation de votre projet. Ce niveau conditionnera l’évacuation des eaux en provenance du terrain ou de la voirie et influencera par conséquent le risque d’inondation. Prenez donc le temps de la réflexion avec votre architecte et votre entrepreneur de jardin pour fixer les niveaux des constructions et les pentes de terrain. Si la morphologie du terrain le nécessite, un relevé de niveaux effectué par un géomètre vous fournira les informations nécessaires.

Il n’est toutefois pas toujours possible de s’implanter plus haut que le jardin, la voirie ou les champs aux alentours. Dans ce cas, il faudra prévoir un drainage périphérique et des avaloirs largement dimensionnés autour de la maison. En cas de risque important, prévoyez éventuellement le placement de barrières anti-inondations.

© Stone & Style

PERMETTRE À L’EAU DE S’INFILTRER AU MAXIMUM

Pour minimiser les quantités d’eau à évacuer vers l’égout, l’idéal est de réaliser des revêtements de sol extérieurs perméables et/ou drainants. Lors du dimensionnement d’un égout, on estime la quantité d’eau récoltée entre 3 et 5 litres par seconde et par mètre carré. Cette donnée est valable pour les toitures ou pour les surfaces imperméables au sol. En fonction de l’absorption de la surface, cette quantité peut être réduite par un facteur de pondération (voir tableau page précédente).

Privilégiez les matériaux extérieurs « drainants » afin de faciliter la percolation de l’eau dans le sol. Un matériau drainant est un matériau au travers duquel l’eau va pouvoir s’infiltrer. Pour que cette mesure soit efficace, il faut bien sûr que la fondation du revêtement drainant et le sol sous-jacent permettent eux aussi une bonne absorption de l’eau.

1. Pavés et dalles à joints drainants

Une première solution est de faire poser des pavés ou des dalles à joints drainants. Il existe différents modèles de pavés ou de dalles dont la forme garantit des joints larges entre éléments, destinés à l’absorption des eaux de pluie. Les joints sont remplis de sable, de gravier ou de terre ensemencée de gazon. On peut aussi poser des dalles de grand format avec joints de plusieurs centimètres de large non maçonnés, remplis de gazon ou de gravier (pas japonais).

© Ebema

2. Pavés poreux

Plus efficaces encore sont les éléments poreux au travers desquels l’eau s’infiltre directement. Veillez toutefois à ce qu’ils soient non gélifs pour que l’eau qu’ils contiendront ne les détériore pas sous l’action du gel.

© Wienerberger

3. Dalles alvéolaires

Une autre solution, pour les allées et parkings, consiste à utiliser des dalles dites béton-gazon ou des structures alvéolaires. Ces dalles, pourvues de nombreuses ouvertures, sont posées sur un lit de sable stabilisé drainant et remplies ensuite de gravier ou de terre ensemencée de gazon.

© PG

4. Plancher ajouré

Enfin, il est possible de créer une terrasse en planches ajourées dont la structure portante est posée sur une sous-structure en matériau absorbant (gravier ou sable stabilisé). De cette manière, l’eau de pluie qui ruisselle entre les joints de la terrasse s’infiltre dans le sol sous-jacent et ne surcharge pas les égouts.

© Alternabois

CRÉER UN BASSIN DE RÉTENTION

Si la nature et la morphologie de votre terrain le permettent, pourquoi ne pas réaliser un bassin de rétention qui récolterait les eaux pluviales ? Une fois collectées, celles-ci pourront pénétrer lentement dans le sol. Loin de l’image des bassins jouxtant les routes, il peut s’agir d’une petite mare qui participera au charme de votre jardin. Bordez-la de préférence de plantes utilisant beaucoup d’eau pour leur développement. Son niveau descendra plus vite et elle sera plus rapidement apte à recevoir la pluie suivante.

STOCKER ET UTILISER L’EAU DE PLUIE

Si la récupération des eaux de pluie n’est pas financièrement aussi rentable que l’installation de panneaux photovoltaïques, elle reste un investissement écologique plus qu’intéressant.

La taille de la citerne sera déterminée par vos besoins et par la dimension de votre toiture. Certains fabricants proposent une étude afin de la dimensionner au mieux pour votre projet.

Deux types de matériaux conviennent actuellement pour stocker l’eau de pluie : le béton et les composants synthétiques. Quel que soit le matériau choisi pour la citerne d’eau de pluie, les filtres et le système de puisage sont similaires. La citerne sera raccordée par un tuyau souple (fréquemment appelé « socarex ») à une pompe immergée ou à un groupe hydrophore situé dans un local technique de l’habitation (caves, garage ou buanderie). Une pompe immergée aura sans doute une durée de vie plus réduite, mais les nuisances acoustiques engendrées par le fonctionnement d’un groupe hydrophore peuvent néanmoins conduire à faire ce choix. L’eau sera puisée de préférence en partie haute de la citerne grâce à un flotteur fixé sur le tuyau de raccordement. Il est également conseillé de placer un préfiltre à cet endroit, ainsi qu’un clapet anti-retour.

© Graf

Les filtres à poser sur le système de récupération dépendront de l’utilisation que vous souhaitez faire de vos eaux pluviales. La pratique la plus répandue, à l’heure actuelle, est d’y raccorder les WC, la machine à laver et l’arrosage extérieur. Un filtre tamis et un filtre à charbon actif suffisent pour ces utilisations. Toutefois, ce système ne permet en aucun cas de rendre potable l’eau de pluie ; il n’est donc pas conseillé d’y recourir pour un usage sanitaire ou alimentaire.

Afin de ne pas contaminer le réseau d’eau public avec de l’eau pluviale, il est déconseillé, et même interdit dans certaines régions, de créer un point de contact entre les deux réseaux. En cas de grande sécheresse, il existe des systèmes de remplissage automatique qui, lorsque la citerne sera vide, donneront le signal de remplissage partiel de la citerne avec l’eau de distribution.

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DIMENSIONNEMENT CORRECT DU RÉSEAU D’ÉGOUT

Le calcul du diamètre des égouts pour évacuer les quantités d’eau récoltées est du ressort de votre architecte, en fonction des spécificités du projet.

Barrière anti-inondations © CGK Group

Toutefois, pour faire face aux très grosses averses (et l’exceptionnel semble malheureusement se normaliser), il est fortement recommandé de prévoir un système de débordement et d’évacuation naturelle quelque part autour de la construction, et ce, même si les égouts ont été correctement dimensionnés. Ce système ne servira peut-être que rarement, mais si votre tuyau d’évacuation est bouché ou que l’égout est saturé, cette précaution vous évitera bien des désagréments.

Dans tous les cas, une bonne gestion des eaux de pluie s’impose tant au niveau individuel que collectif. Elle vous permettra de dormir les pieds au sec et de faire chaque année de substantielles économies sur votre facture d’eau de distribution.

Texte Cédric Bourgois
Photo d’ouverture iStock

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