Voir la galerie En images : Une maison sculptée de l’intérieur

En images : Une maison sculptée de l’intérieur

Rénovation, Rénovations mitoyennes, Reportages

En bouleversant les codes et en façonnant l’espace, discrètement, derrière la façade classique d’une maison de maître bruxelloise, le bureau Ouest Architecture a libéré de généreux espaces ouverts sur le jardin pour un couple d’artistes franco-anglais et ses deux enfants.

Quand Pauline et son mari découvrent cette maison de maître datant des années 1920, celle-ci est littéralement dans son jus, vétuste et décrépite. Mais le photographe, amoureux d’architecture, et la commissaire d’expositions, passionnée d’art, y décèlent néanmoins de belles possibilités. L’architecte Stephane Damsin va mettre ce potentiel en valeur en posant un geste fort, presque théâtral. La demande initiale du couple ? Vivre en relation avec le jardin. Mais la configuration des maisons de maître de cette époque est particulière : le rez-de-chaussée y est surélevé d’un demi-niveau par rapport à la rue et d’un niveau entier par rapport au jardin. L’espace extérieur était alors uniquement en relation avec le sous-sol. Devenu propriétaire, le couple a d’emblée souhaité établir les pièces de vie principales au niveau du jardin afin d’en profiter pleinement.

Vide central

Les nouveaux habitants souhaitaient disposer d’un espace fluide, lumineux et confortable pour vivre en famille, mais aussi d’un lieu de rencontre prêt à accueillir amis et artistes au quotidien. Au niveau inférieur, la faible hauteur sous plafond n’était cependant pas suffisante pour accueillir des espaces de séjour. En supprimant le plancher entre le sous-sol et le rez-de-chaussée sur les travées centrale et arrière de la maison, l’architecte a créé un grand volume ouvert sur près de 7 mètres de haut.
La cuisine et l’espace à manger s’installent désormais côté jardin tandis qu’au centre, le salon jouxte un nouvel escalier qui permet d’accéder au bel-étage d’époque.

Sculpter l’espace

« Nous avons gardé l’enveloppe extérieure, avec les annexes existantes côté jardin, et “sculpté“ l’espace intérieur dans toute la partie arrière de la maison », précise l’architecte. Les volumes existaient, mais ils ont été façonnés, creusés, pour faire naître de nouveaux espaces ouverts et généreux. L’architecture est ici mise en scène pour créer des effets presque dramatiques. À l’instar de cette cheminée suspendue dans le vide au-dessus du salon, comme un témoin du passé.  « Les bandeaux-poutres qui ceinturent le salon permettent au château de cartes de ne pas s’écrouler », indique Stephane Damsin. De même, les parois et montants en béton du volume suspendu en mezzanine jouent un rôle structurel de soutien des maçonneries existantes.

Matériaux de récup

Témoin de son époque, la façade avant a été rénovée strictement à l’identique et préserve un aspect très classique. La façade arrière, quant à elle, acquiert un nouveau look contemporain, tout en maintenant la volumétrie existante. « J’apprécie le dialogue harmonieux entre l’intervention contemporaine et le cachet ancien de la maison », confie le propriétaire. Posés sur un soubassement de briques qui protège le niveau inférieur, les volumes sont habillés d’un bardage en zinc dont le calepinage précis s’aligne sur le jeu des nouvelles baies. En utilisant des matériaux et des objets de récup, il a donné à la bâtisse un petit supplément d’âme. Certains éléments ont été démontés dans un ancien château ardennais ou dans un moulin namurois du XVIIIe, d’autres chinés chez des antiquaires ou récupérés dans des fins de stocks. Au final, les époques et les styles cohabitent dans un mix harmonieux qui rend ce projet très personnel.

Réalisation Ouest architecture

Texte Marie Delooz
Photos Laurent Brandajs

Découvrez le reportage complet dans Je vais construire n° 424.

Pas trouvé ce que vous cherchiez?

Essayez à nouveau dans notre moteur de recherche.

En relation