Edito : Pour quelques mètres carrés de plus…

Edito : Pour quelques mètres carrés de plus…

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De quelle surface de vie avons-nous besoin pour habiter confortablement ? La question mérite plus que jamais d’être posée.

Ces derniers mois, beaucoup d’entre nous ont été contraints au télétravail, et tout porte à croire que cette tendance aura des répercussions durables. Mais à côté de cela, les maisons et appartements de promotion sont de plus en plus petits, et les modes d’habitat alternatifs, largement symbolisés par la Tiny House, font de moins en moins figure d’exception. Alors, où est la solution ?

Si l’existence de règlements d’urbanisme à l’usage de la promotion immobilière locative et du logement social garantit à tout locataire un logement décent, on ne peut que regretter que les autorités n’assouplissent pas lesdits règlements lorsqu’il est question de construire ou de rénover pour soi-même, en bref de créer son propre nid. Car les mentalités ont beaucoup changé et il n’est plus exceptionnel que les jeunes générations fassent le choix de vivre dans un espace restreint, non seulement pour des motifs économiques, mais aussi avec la volonté de minimiser leur impact environnemental.

La créativité des concepteurs de micro-logements s’est libérée, offrant à la clé de petites perles à vivre bourrées d’ingéniosité et d’astuces spatiales inédites.

C’est le cas de Maxime et Sabine, qui ont érigé une Tiny House sur un bout de terrain à Woluwe-Saint-Lambert. Le hic, c’est que le jeune couple a reçu l’ordre de démolir son logement sous prétexte que les surfaces habitables et les hauteurs sous plafond ne répondent pas aux prescriptions des règlements d’urbanisme, et qu’il est dès lors impossible de leur octroyer un permis d’urbanisme. Alors que la Wallonie a étoffé son Code du développement territorial (CoDT) avec un chapitre consacré aux logements alternatifs (légers, déplaçables, non permanents…), la Région de Bruxelles-Capitale – comme la Flandre, d’ailleurs – n’a donc pas encore tranché cette question.

Bien sûr, ce type de construction, à l’instar de toute intervention – bâtie ou non – sur l’environnement, mérite d’être encadrée, mais de là à l’interdire complètement, il y a un pas qui n’est plus franchissable aujourd’hui. Les modes de vie ont beaucoup évolué : les espaces se fondent les uns dans les autres, les fonctions distinctes disparaissent, le « vivre dehors » gagne en importance, et la possession d’objets perd en intérêt, libérant les espaces de vie de certains rangements devenus superflus… En parallèle, la créativité des concepteurs de micro-logements s’est libérée, offrant à la clé de petites perles à vivre sur moins de 30 m2, bourrées d’ingéniosité et d’astuces spatiales inédites. Il est urgent que nos autorités en tiennent compte et adaptent leurs législations, car cette tendance n’est pas près de s’essouffler…

Texte Eric Cloes, Rédacteur en chef

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