Eau chaude : comment réduire la facture

Eau chaude : comment réduire la facture

Énergie, Sanitaire et eau chaude

Si la consommation de chauffage est saisonnière, celle de l’eau chaude court sur toute l’année. Or l’eau chaude ne représente pas un poste anodin dans la facture énergétique globale. On peut toutefois en diminuer le coût en agissant simultanément sur la production et la consommation. Mais aussi en modifiant certaines mauvaises habitudes…

Selon les sources, chaque Belge consommerait en moyenne aux alentours de 95 litres d’eau potable par jour, alors que, si l’on en croit le Conseil mondial de l’eau, 50 litres par jour et par personne suffisent pour vivre décemment. Avec près de 100 litres par personne et par jour, on peut donc parler de confort optimal, voire de gaspillage.

Sans surprise, les postes principaux sont le bain et la douche, qui représentent un peu plus d’un tiers de notre consommation (environ 36%), selon Belgaqua. Si l’on y ajoute l’eau nécessaire pour la vaisselle (environ 7% de la consommation), c’est plus de 40 % de l’eau consommée quotidiennement qui doit être chauffée.

Outre le prix de l’eau elle-même, qui peut atteindre entre 3 et 5 euros par m3 selon les régions, la facture d’eau chaude annuelle s’élève en moyenne à près de 500 euros pour une famille de quatre personnes, un coût qui pèse de plus en plus lourd sur le budget des ménages.

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Agir sur la production d’eau chaude

Le système de production d’eau chaude est le premier poste sur lequel on peut agir pour diminuer sa facture. À cet égard, le consommateur a largement le choix des armes.

Outre le prix d’achat de départ, ce choix dépendra de différents paramètres:
> la composition du ménage,
> la configuration de l’habitation,
> le nombre de points d’eau
> et la quantité d’eau chaude désirée.

1. Production instantanée

Une production d’eau chaude instantanée est sans doute la solution la plus simple, la moins onéreuse et la plus économe à l’usage (sous réserve que les quantités d’eau restent faibles). Avec ce système, l’eau passe instantanément de quelque 10°C à 35°C ou 45°C, au moment où on en a besoin.

Le chauffe-eau est généralement placé à proximité des points de distribution d’eau, et même directement au-dessus ou en dessous de l’évier grâce à ses dimensions réduites. On obtient de l’eau chaude quasi instantanément après l’ouverture du robinet et on évite les déperditions thermiques à travers les conduites. Cette solution est également avantageuse à l’achat (de 200 à 500 euros pour les appareils électriques et de 500 à 900 euros pour ceux au gaz, TVA comprise).

Le système présente toutefois des inconvénients, dans la mesure où la température de l’eau et son débit risquent d’être insuffisants si deux membres de la famille ont besoin d’eau chaude au même moment.

© Bulex

2. Réservoir d’eau chaude

L’alternative consiste à opter pour un préparateur d’eau chaude relié à l’installation de chauffage central.

L’avantage de ce système réside dans sa capacité à permettre un approvisionnement important et continu avec un débit optimal même si plusieurs personnes prennent leur douche en même temps.

Mais ce système coûte plus cher (entre 900 et 2000 euros TVA comprise, selon les modèles et la contenance) et la chaudière doit rester allumée toute l’année pour répondre à la demande d’eau chaude, ce qui occasionne un surplus de consommation énergétique.

© Vaillant

3. Chauffe-eau solaire

Une autre option est d’installer un chauffe-eau solaire. Le principe est assez simple: un fluide caloporteur est réchauffé dans les capteurs thermiques avant de passer dans un échangeur placé au sein du ballon d’eau chaude, où il cède ses calories. Il est toujours couplé à une autre source de chaleur (chaudière, pompe à chaleur ou résistance électrique), de sorte que, si la température baisse lors du prélèvement d’eau, cette source s’enclenche pour fournir le complément de chauffage.

Selon le type de capteurs thermiques installés (plans ou tubulaires), on considère que l’on peut produire entre 50 et 60% de l’eau chaude sanitaire consommée par un ménage sur une année grâce à l’énergie solaire. Un tel système permet de réduire significativement le recours aux énergies fossiles, ce qui est tout à la fois écologique et économique.

L’investissement de départ n’en reste pas moins conséquent. Son coût dépend de la contenance ainsi que du type d’appareil et de capteurs solaires, ce qui explique que les prix peuvent varier de manière significative. À titre indicatif, il faut compter entre 4000 et 6000 euros pour un appareil destiné à un ménage de 4 personnes.

© Stiebel Eltron

4. Chauffe-eau thermodynamique

Ce système, qui intègre une pompe à chaleur, est l’un des plus récents sur le marché. Le chauffe-eau thermodynamique puise les calories dans l’air ambiant, dans l’air extrait du système de ventilation ou dans l’air extérieur et les restitue à l’eau contenue dans le réservoir par le biais d’un fluide caloporteur circulant dans un serpentin en circuit fermé.

Ce système permet de produire de l’eau chaude sanitaire de manière tout à la fois écologique et économique puisque quelque 75 % de l’énergie nécessaire à sa production proviennent de l’air. Il est très facile à installer et permet de diviser la consommation d’électricité environ par trois par rapport à un chauffe-eau électrique ordinaire. De plus, la consommation résiduelle peut être couverte par l’installation de panneaux solaires photovoltaïques.

L’investissement de départ est lui aussi conséquent : il faut compter de 2500 à 3500 euros pour un chauffe-eau thermodynamique d’une capacité de 250 à 300 litres.

© Bulex

Agir sur la consommation d’eau chaude

Passé le cap de la production, la manière dont vous consommez l’eau chaude a, elle aussi, une incidence non négligeable sur la facture globale.

1. Sous la douche

Pour réduire la consommation d’eau chaude, il vaut mieux privilégier la douche (entre 50 et 80 litres) et réduire le nombre de bains (de 150 à 200 litres). Mais la solution la moins chère et la plus efficace consiste à opter pour une douchette économique. Ces douchettes sont le plus souvent équipées d’un limiteur de débit intégré qui permet de réduire le débit et la consommation d’eau jusqu’à 50%. Le confort est assuré en mélangeant de l’air à l’eau. Il ne faut bien sûr par prolonger le temps passer sous la douche. À cet égard, il est utile de rappeler que si chaque personne réduit de deux minutes le temps qu’elle passe chaque jour sous la douche, un ménage composé de quatre personnes peut économiser quelque 26 000 litres par an…

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2. Robinetterie intelligente

Les mitigeurs thermostatiques permettent d’obtenir rapidement de l’eau à la température voulue, ce qui explique leur succès incontesté. La plupart des gens ont malheureusement tendance à laisser la manette du mitigeur en position centrale lorsqu’ils le ferment. Dès lors, on sollicite inutilement la production ou la réserve d’eau chaude dès qu’on ouvre le robinet, puisque celui-ci fournit aussitôt un mélange d’eau chaude et d’eau froide. Pour pallier ce problème, certains fabricants proposent des mitigeurs dont la manette est décalée de 30° vers la gauche de manière à fournir uniquement de l’eau froide en position centrale. Des études réalisées en France ont conclu que cela permettait de réduire la consommation d’eau chaude des lavabos d’environ 25%.

Rien ne se perd, tout se récupère

Peu répandus encore, les récupérateurs de chaleur pour douche promettent néanmoins de belles économies d’eau chaude. Il existe plusieurs types d’échangeurs de chaleur, dont le plus courant est basé sur un principe relativement simple. L’eau de douche usagée, dont la température se situe entre 30 et 35°C au moment de l’évacuation, coule dans le conduit interne d’un échangeur de chaleur concentrique. L’eau propre, qui elle est froide, est propulsée en spirale autour de ce conduit. L’eau chaude évacuée transmet ainsi ses calories à l’eau froide. Le transfert de chaleur se produit pendant la douche. De la sorte, le chauffe-eau ne fonctionne qu’à la moitié de sa puissance, ce qui peut représenter entre 15 et 25% d’économie sur la facture d’eau chaude en fonction du nombre de douches, même si, comme le reconnaît le Centre scientifique et technique de la construction (CSTC), «l’évaluation chiffrée d’un tel système reste un exercice difficile à réaliser, tant les paramètres qui influencent la quantité d’énergie réellement récupérable sont nombreux».

Texte Admon Wajnblum
Photo Grohe

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