Cuisine : petite, mais pratique

Cuisine : petite, mais pratique

Cuisine

Elles font rêver, ces cuisines de catalogue qui s’étalent sur des dizaines de mètres carrés. Dans la réalité, bon nombre d’habitations ne disposent que de peu de place pour la préparation des repas. Pas de quoi désespérer pour autant, car il existe quantité d’astuces pour rendre une petite cuisine confortable.

Des plans de travail kilométriques, des taques de cuisson XXL, des éviers à double bac, des électroménagers en enfilade… Les cuisinistes voient grand dans leurs propositions d’aménagement, du moins sur papier glacé. Car dans la réalité, ils sont nombreux à proposer des solutions pratiques pour intégrer un maximum d’options sur un minimum d’espace.

C’est un constat : le mètre carré se fait rare et cher. La taille moyenne des habitations est en diminution, et celle de la cuisine suit naturellement cette courbe. Si l’on peut encore trouver des espaces d’une surface plutôt confortable à la campagne, c’est bien plus rare en ville. Une récente étude réalisée en France démontre que 69 % des habitants disposent d’une cuisine d’une superficie comprise entre 6 et 15 m2, la taille moyenne de celle-ci étant de 13,7 m2. Ce qui n’est pas rikiki, mais pas très grand non plus. Bref, il convient de ne laisser aucun recoin à l’abandon.

© èggo

En forme de lettre

L’aménagement de la cuisine est assez codé. On peut l’imaginer de différentes façons, correspondant souvent à des lettres de l’alphabet : en I (version couloir), en L (avec un retour sur le mur adjnacet), en U (trois pans de mur) ou en G (trois pans de mur et un retour du plan de travail vers le centre de la pièce). Toutes ces configurations peuvent être ouvertes sur le séjour, formant ainsi la fameuse cuisine américaine.

Si certains aménagements demandent beaucoup plus de place que d’autres, il ne faut pas pour autant dire adieu à son rêve. Car les innovations ne manquent pas en la matière.

Maximiser le plan de travail

Ce qui manque le plus souvent dans une petite cuisine, c’est la surface de travail. Or, quand on cuisine, on s’étale, c’est indispensable. « Le confort dans la cuisine, c’est d’avoir de la place pour travailler », affirme Erik Dallons, gérant de DVDE Menuiserie à Nivelles, qui compare l’aménagement d’une mini-cuisine à l’équipement d’un mobile-home ou d’un camping-car. « On peut par exemple opter pour une table escamotable, dissimulée sous le plan de travail, ou pour un plan de travail mobile qui se déplace à l’aide d’un système de roulettes. » Il suffit alors de le tirer pour doubler la surface de travail. Un pied vient éventuellement se déplier afin d’assurer une meilleure stabilité. Cela demande toutefois un peu d’ordre afin de ne pas devoir déménager tout ce qui se trouve sur le plan de travail chaque fois qu’on souhaite le déployer. « On peut aussi penser à fixer une table rabattable sur le mur », poursuit le menuisier ébéniste, spécialisé dans les aménagements intérieurs. Très pratique certes, mais l’esthétique n’est pas toujours au rendez-vous…

Autre astuce empruntée aux mobile-homes, le couvercle qui vient se poser sur l’évier offre une surface de travail additionnelle. Le plus souvent, il s’agit d’une planche à découper, qui se glisse sur l’égouttoir ou sur l’évier même.

Des meubles pratiques

Le rangement est lui aussi problématique dans les petites cuisines. Tout est question d’organisation. Pour cela, le sur-mesure s’avère incontournable pour ne pas perdre le moindre centimètre carré. Les tiroirs sont plus pratiques que les armoires à portes battantes car ils offrent une vue dégagée sur tout leur contenu. Les compartiments à l’intérieur des tiroirs permettent de surcroît une meilleure organisation, et donc un gain de place.

© Blum

On ne laisse plus non plus d’espace vide dans les angles, grâce aux nombreuses solutions développées par les fabricants. « Avant, il existait des paniers tournants, remarque Erik Dallons. Aujourd’hui, les paniers télescopiques du “magic corner“ offrent encore plus de rangement. Ce type d’armoire comporte un panier fixé à la porte ; lorsqu’on ouvre celle-ci, elle tire les paniers intérieurs pour qu’ils deviennent accessibles. » Les plateaux à sortie totale s’avèrent également très pratiques. Enfin, il existe d’astucieux tiroirs en version d’angle, qui exploitent tout l’espace disponible.

On mise aussi sur les armoires hautes, qu’on fait monter jusqu’au plafond pour profiter d’un maximum de volume. Et pour avoir accès aux parties les plus élevées, des spécialistes ont mis au point un système télescopique qui permet de faire descendre le contenu de l’armoire à une hauteur accessible. Le système d’ouverture des portes a aussi son importance. Les portes battantes prennent non seulement plus de place, mais comportent le risque de s’y cogner la tête. La solution : les portes relevables, qui s’ouvrent vers le haut.

Certains professionnels déconseillent les étagères ouvertes. La raison en est simple : celles-ci cassent l’unité de la cuisine et réduisent la sensation d’espace. De plus, on ne peut pas les surcharger ou y déposer n’importe quoi, au risque de conférer un aspect désordonné à l’ensemble. Enfin, mieux vaut éviter les armoires colonnes. Elles sont certes pratiques et augmentent l’espace de stockage, mais elles réduisent aussi la longueur du plan de travail.

Électroménager

Four, four à vapeur, four à micro-ondes, lave-vaisselle, taque de cuisson, plancha, gril, wok, friteuse ou machine à expresso intégrée… L’électroménager se décline désormais en une multitude d’éléments parfois bien encombrants. On l’aura compris, bon nombre de ces appareils n’ont pas leur place dans une cuisine aux dimensions réduites. Mais tout n’est pas perdu pour autant et un minimum de confort peut être assuré moyennant quelques astuces. Les appareils encastrés permettent par exemple de gagner de l’espace. Ils sont plus chers mais moins encombrants et, étant habillés comme le reste du mobilier, ils offrent une continuité visuelle qui augmente la sensation d’espace. Les appareils multifonctions, tels qu’un four combiné (chaleur classique + micro-ondes ou four à vapeur), sont également très tendance. Et si vous aimez vraiment ce genre de cuisson, vous pouvez aisément dissimuler un gril ou une plancha sous un couvercle.

Par ailleurs, on trouve sur le marché des appareils aux formes réduites : machine à café, grille-pain, robot de cuisine… Presque tout se trouve en version mini. Le gros électro aussi. Un lave-vaisselle standard a une largeur de 60 cm, mais il existe des versions plus étroites, de 45 cm. Ceux-ci offrent une capacité plus réduite mais permettent tout de même le lavage d’une dizaine de couverts. Cela fonctionne aussi pour la taque de cuisson : un modèle à induction de 30 ou 45 cm de large offre des zones de cuisson flexibles et peut parfaitement convenir à un ménage de petite taille.

Fermée ou ouverte ?

Il est clair qu’en termes de perspective, une cuisine ouverte, aussi petite soit-elle, semblera moins étriquée qu’un espace fermé. Donc, si c’est possible, optez pour l’ouverture. Cela peut se faire de différentes manières. Par l’aménagement d’une cloison vitrée, par exemple. « La verrière est plus que jamais tendance, explique-t-on chez Mobalpa. Dans la pièce à vivre, elle permet non seulement d’isoler le salon de la cuisine avec cachet, mais aussi de laisser passer la lumière. » Un cloisonnage malin qui ouvre de nouvelles perspectives : de la cuisine, la vue sur le salon fait gagner en profondeur et donne tout de suite l’impression d’une pièce plus spacieuse. En angle, du sol au plafond ou seulement sur une demi hauteur, la verrière a tout pour plaire aux petites cuisines.

Un passe-plat offre également une perspective sur le séjour, tout en permettant l’utilisation des murs qui l’entourent pour des armoires suspendues ou des étagères. Et une cloison coulissante s’avère très pratique pour faire apparaître ou disparaître l’espace cuisine au gré des besoins.

L’îlot rêvé

D’après les enquêtes menées par différents cuisinistes, de nombreux Belges rêvent d’un îlot central. Le plaisir de se retrouver autour de ce meuble, en famille ou entre amis, pour cuisiner au moment de l’apéro ou des devoirs, a un attrait particulier. Mais ce n’est pas toujours possible car il prend beaucoup de place. L’idéal pour ce type d’aménagement est de disposer d’un espace cuisine d’au moins 15 m2, 20 m2 étant encore mieux. C’est qu’il faut idéalement compter 90 cm à 1 m de dégagement autour de l’îlot pour circuler aisément et ouvrir les armoires ou les appareils électroménagers. La profondeur de l’îlot est en outre plus importante que celle des meubles bas posés contre le mur : on l’estime à 90 cm, pour une longueur d’au moins 180 cm.

© Cuisines Dovy

Heureusement, des solutions existent aussi pour les cuisines plus modestes. Les dimensions du meuble s’adaptent à la taille de la pièce. L’îlot peut ainsi servir uniquement de plan de travail avec des étagères en partie basse, pour offrir plus de rangement. L’absence de portes évite d’encombrer l’espace lors de leur ouverture. Autre solution gain de place : remplacer la table de cuisine et les chaises par une tablette de bar et des tabourets qui se rangent en dessous. Le bar repose en porte-à-faux sur un petit îlot qui peut accueillir du rangement bas. Encore plus pratique, l’îlot sur roulettes, qu’on déplace en fonction des besoins et qu’on remise contre un mur pour libérer le centre de la pièce.

Enfin, il est possible de prévoir un îlot avec évier, mais on évitera la plaque de cuisson car celle-ci nécessite une profondeur minimale de 90 cm afin d’assurer la sécurité alentour et d’éviter les projections au sol.

On grappille les derniers centimètres

Les armoires sont utilisées à leur capacité maximale, les électroménagers sont réduits tout en offrant leur meilleur rendement, les plans de travail ont été étendus jusqu’où on le pouvait… Mais il reste encore quelques astuces pour que la cuisine soit complètement optimisée. La crédence constitue par exemple un espace utile pour suspendre et avoir à portée de mains des ustensiles, des épices, des pots d’herbes aromatiques.

Avez-vous pensé à la hauteur du plan de travail ? Dans la norme, elle tourne autour de 85 cm. Ce standard existe depuis bien longtemps, alors que la taille des hommes et des femmes n’a cessé d’augmenter au fil des décennies. Si on place le plan de travail à 90 ou 95 cm et qu’on opte pour un matériau fin (inox, quartz, verre…), on peut libérer suffisamment d’espace pour un tiroir supplémentaire. Dans le même esprit, Inge Moerman, des cuisines Dovy, propose une autre solution : « En abaissant le socle de la cuisine de 7 cm, vous gagnez une hauteur équivalente à l’intérieur de l’armoire, ce qui vous permet de placer deux étagères plutôt qu’une. » Autre option, utiliser les plinthes comme des tiroirs bas supplémentaires.

Enfin, si c’est possible, n’hésitez pas à augmenter la profondeur des meubles bas de 5 cm. L’avantage est double. « Des armoires basses plus hautes et plus profondes vous octroient jusqu’à 20 % d’espace supplémentaire, affirme encore Inge Moerman. De plus, le plan de travail est plus étendu – 65 cm au lieu des 60 cm habituels –, ce qui implique davantage de place pour la préparation des plats et le rangement des petits appareils électroménagers. »

Quelques règles de confort

La cuisine est petite, certes, mais ce n’est pas une raison pour ne pas s’y sentir bien. Pour cela, il existe certaines règles auxquelles mieux vaut ne pas déroger. Comme une surface libre d’au moins 30 cm de part et d’autre des taques de cuisson, pour pouvoir y déposer les épices, aliments et autres ustensiles, voire une casserole que l’on doit retirer très vite de la source de chaleur. Pas question donc d’installer le plan de cuisson dans un coin.

© Franke

Autre élément à prendre en compte, la taille de l’évier. « Certains ne jurent que par deux bacs, mais ce n’est pas indispensable lorsqu’on dispose d’un lave-vaisselle, note Erik Dallons. On fait de moins en moins la vaisselle. L’idéal est un bac et demi. On compte ainsi une largeur totale d’à peine 60 cm (35 cm pour le grand bac, 15 cm pour le petit et quelques centimètres au centre et sur les côtés). » Cette solution est la plus pratique, notamment en termes d’économie d’eau. Le plus souvent, l’évier sert aujourd’hui au rinçage des légumes. Pour cela, un demi bac suffit largement.

L’électricité a également son importance. Il faut compter un certain nombre de prises pour le petit électroménager. Et pour privilégier l’aspect esthétique, on peut prévoir des prises intégrées dans le plan de travail plutôt qu’au mur.

La vie en triangle

La cuisine se divise en plusieurs zones d’activités : ranger (la vaisselle, les ustensiles…), rincer, préparer, faire la vaisselle et stocker les provisions (dans les armoires ou le réfrigérateur). Ces différentes actions se trouvent idéalement réparties dans un triangle de travail (rangement, lavage, préparation/cuisson). Une grande cuisine n’est pas forcément synonyme de confort car les distances à parcourir sont plus grandes. Dans une petite pièce, le triangle est plus concentré. La distance la plus confortable entre les zones est de 90 cm.

Il n’est évidemment pas possible de créer ce triangle dans une cuisine linéaire. Les fonctions sont alors en enfilade. Le frigo doit idéalement se trouver à proximité de la zone de lavage et de celle de préparation, cette dernière étant proche de la fonction cuisson.

Il y a petit… et mini

Outre les petites cuisines, on trouve aussi des kitchenettes. Celles-ci se retrouvent souvent dans les studios ou les kots, mais elles ont leur importance. Le cuisiniste Minikeuken est spécialisé dans ce domaine. Il propose des systèmes tout en métal, allant de 90 à 180 cm de long et comprenant, selon les options, un évier, un petit plan de travail, une taque de cuisson, un frigo et un four à micro-ondes ou classique. Un rangement en hauteur peut aussi être prévu. Pourquoi le métal ? Le montage est plus aisé, il n’y a pas de problèmes en cas d’infiltration d’eau (contrairement au bois), l’épaisseur des meubles est réduite, et ce matériau est hygiénique et facile à nettoyer.

Différentes couleurs sont disponibles, des teintes sobres (blanc, moka, gris, noir) au vert pomme vitaminé et au bordeaux chic.

La cuisine prémontée, comprenant déjà tout l’électro, est livrée sur palette. Il n’y a plus qu’à la poser à l’endroit voulu.

Texte Natacha Dumont

Photo d’ouverture © Laurent Brandajs/Alexandru Patrichi Architect

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