Comment produire sa propre électricité ?

Électricité, Énergie

En Belgique, l’électricité est encore en grande partie produite dans des centrales classiques, reliées aux consommateurs par le réseau de transmission et les réseaux de distribution locaux. On évolue toutefois lentement vers une production décentralisée. Quelles sont les possibilités qui s’offrent à vous ?

Panneaux solaires

Les panneaux solaires photovoltaïques sont la manière la plus évidente de produire soi-même de l’électricité. La lumière du soleil est gratuite. Une installation pour un ménage moyen, avec une consommation annuelle de 3 500 kWh, coûte environ 6 000 euros (placement et TVA de 6 % compris). Un montant qui est amorti sur 8 à 10 ans. Le courant que vous produisez en excédent est injecté sur le réseau, ce qui a pour effet de faire tourner votre compteur à l’envers.

L’inconvénient, c’est que les panneaux solaires ne fonctionnent que pendant la journée, au moment où vous avez généralement le moins besoin d’électricité. Les excédents sont certes récupérés par le réseau, mais une augmentation du nombre d’installations pourrait entraîner de l’instabilité car les réseaux ne sont pas conçus pour une production décentralisée. Le recours à des batteries domestiques pourrait constituer une solution à cet égard. Le succès de ces batteries n’est toutefois pas encore au rendez-vous, en raison de leur prix élevé et du profit que l’on retire des compteurs qui tournent à l’envers.

Petites éoliennes

Les éoliennes constituent une image familière sur les terrains industriels et le long des autoroutes. Toutefois, on ne voit guère de petites turbines dans les jardins ou sur les toits. Ce type d’éoliennes est également peu encouragé sur le plan politique. Contrairement aux panneaux photovoltaïques, les éoliennes produisent pourtant de l’électricité même lorsqu’il fait sombre. La production et la consommation coïncident donc plus souvent, et il faut injecter moins d’électricité sur le réseau.

Installation comprise, une petite éolienne coûte de 10 000 à 40 000 euros. Un permis d’urbanisme est nécessaire. Et il faut tenir compte des vibrations qui peuvent occasionner des dégâts au bâtiment. D’autres inconvénients tiennent aux nuisances sonores et à l’ombre portée. Les petites éoliennes présentent également une faible rentabilité. En effet, comme elles ne dépassent pas les 10 à 15 mètres, l’approvisionnement en vent est limité.

Cogénération

La cogénération consiste en la production simultanée d’électricité et de chaleur. Elle s’avère plus efficiente qu’une production dissociée. La cogénération est surtout utilisée dans les grands bâtiments. Dans le cas des applications à petite échelle, il sera question de micro-cogénération, avec des appareils dont l’aspect s’apparente à celui de grosses chaudières.

© Viessmann

Les appareils à micro-cogénération sont intéressants lorsque le toit ne se prête pas à l’installation de panneaux solaires. Ils occupent peu de place et ne changent rien à l’aspect de votre maison. Un autre avantage tient au fait que votre production et consommation de courant coïncident en grande partie, ce qui vous évite d’avoir à injecter une grande quantité d’électricité sur le réseau. La production est également la plus grande pendant les mois d’hiver, lorsqu’il fait en même temps froid et sombre. Vous pouvez d’ailleurs combiner sans problème micro-cogénération et panneaux solaires.

Vu le prix de la micro-cogénération, une installation n’est financièrement rentable que dans les maisons où la demande de chaleur annuelle est au moins égale à 15 000 kWh. Cette solution ne convient donc pas aux habitations bien isolées (à l’exception des appareils à micro-cogénération avec pile à combustible). N’oubliez pas non plus que vous devrez toujours payer l’approvisionnement en gaz pour faire fonctionner l’appareil.

Texte Wim Deloof

Photo d’ouverture © Laurent Brandajs/Crahay & Jamaigne architectes

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