Choisir les châssis

Choisir les châssis

Gros œuvre, Portes et fenêtres

Portes et châssis entament toujours une belle portion du budget consacré à la construction ou à la rénovation. Il faut donc bien peser le pour et le contre en prenant en compte toute une série de facteurs. Faisons le point.

Qu’il s’agisse d’une nouvelle construction, d’une rénovation ou tout simplement du remplacement d’anciennes fenêtres ou de vieilles portes, la précaution est de mise ; ne vous précipitez jamais dans le choix de vos menuiseries extérieures ! En effet, toute décision concernant portes et châssis peut avoir un impact sur la convivialité, le budget, l’allure d’une maison et la consommation d’énergie.

En outre, tous les matériaux ne conviennent pas nécessairement à n’importe quelle application. La menuiserie extérieure englobe par ailleurs bien plus que les fenêtres et les portes ; elle s’étend aussi aux vérandas et aux pare-soleil. Quand vous aurez pris connaissance de ce dossier, vous en saurez plus et vous serez mieux en mesure de faire les bons choix.

1. Le matériau qui l’emporte sur tous les autres est…

Le bois, l’aluminium ou le PVC ? C’est la question clé que se pose toute personne qui veut acheter de nouveaux châssis. Mais le choix va bien au-delà de cette Trinité. Il existe de nombreuses alternatives. Quels sont les avantages et les inconvénients de tous ces matériaux et dans quels cas faut-il les utiliser ?

2. La quincaillerie du châssis

La quincaillerie se compose des éléments tant visibles qu’invisibles du système de fermeture des portes et fenêtres : charnières, serrures et poignées. On tend actuellement vers une quincaillerie cachée, voire « invisible ». Les charnières sont presque entièrement intégrées aux profilés. Elles fonctionnent de la même manière qu’une ferrure visible et peuvent être appliquées sur la plupart des systèmes de profilés. Parfois, on remplace même les poignées extérieures par des poignées encastrées dans le profilé.

Les charnières cachées constituent une option idéale pour ceux qui aiment les châssis dépouillés. Elle entraîne cependant un supplément de prix de 30 à 50 euros par châssis. Autre bémol : de tels châssis ne s’ouvrent qu’à 90°. Il est donc absolument impossible de les ouvrir jusqu’au mur, comme dans le cas de charnières classiques.

L’élément le plus visible d’une fenêtre ou d’une porte est effectivement la poignée. À l’heure actuelle, on trouve un choix extrêmement large sur le marché : les modèles diffèrent par le matériau utilisé et la forme. Les plus grands designers se sont osés à la conception de poignées élégantes. Mais la prudence est de mise : si vous optez pour un intérieur tendance, vous risquez d’exploser le budget.

3. La sécurité

Les portes et les fenêtres ouvrantes sont évidemment les points les plus vulnérables en termes d’effraction. C’est par là, ou par une porte du garage, qu’un cambrioleur pourra s’introduire dans la maison. Les profilés, ainsi que le vitrage, la quincaillerie et les serrures, doivent offrir la résistance nécessaire pour décourager tout cambriolage.

Vous pouvez pousser très loin la sécurisation d’une menuiserie extérieure : il existe des systèmes de profilés qui freinent toute tentative d’effraction, des vitrages anti-effraction, une quincaillerie de sécurité, des serrures à cylindres adaptés… autant d’éléments qui permettent de renforcer la sécurité (voir aussi le point 4 : la porte d’entrée).

Certaines communes octroient des subsides pour investir dans des serrures de sécurité. Informez-vous auprès du service de prévention de votre administration sur l’existence de cette prime et les conditions auxquelles il faut satisfaire.

4. La porte d’entrée : la carte de visite

Les fenêtres forment un ensemble esthétique avec les portes. De quoi donner libre cours à votre créativité. Dans tous les cas, il vous faudra d’abord choisir entre une porte d’entrée vitrée ou pleine.

Les portes vitrées vous permettent d’exercer votre imagination sur le verre : transparent ou mat, teinté ou non, avec ou sans motif.

Si vous choisissez la couleur, sachez que le verre se teinte dans la masse ou par sérigraphie. Quant aux motifs, ils sont dessinés par sablage ou par sérigraphie. Le sablage présente cependant l’inconvénient d’être sensible aux taches, ce qui n’est pas le cas de la sérigraphie où le motif est durci dans le verre.

Le choix des motifs est illimité : toute une série de dessins sont disponibles de base, mais vous pouvez aussi réaliser ou faire réaliser votre création. On utilise couramment des à-plats, des lignes ou le numéro de la maison.

Si vous hésitez encore entre verre transparent ou verre mat, optez plutôt pour le premier : si vous n’aimez vraiment pas, vous pourrez toujours y appliquer un film de recouvrement par après, avec ou sans motif.

Même pour les portes pleines, les constructeurs proposent actuellement énormément de possibilités de personnalisation. Les panneaux d’abord : ils arborent soit un look moderne, soit un look classique, aux lignes droites ou courbes, avec ou sans vitrage.

Un panneau de porte – qu’il s’agisse d’une porte en bois, en aluminium ou en PVC – a toujours en son centre une couche d’isolation. Celle-ci est recouverte de part et d’autre d’une plaque d’aluminium ou de bois. Les deux plaques sont alors finies avec un coating de finition (par exemple une laque de même couleur que les fenêtres).

Dans certains cas, un panneau de bois supplémentaire est intégré au garnissage pour augmenter la résistance aux cambriolages et les performances acoustiques des portes.

Il existe une vaste gamme de poignées, poignées décoratives et quincailleries pour portes. Si vous n’y trouvez pas votre bonheur, certains constructeurs proposent des réalisations à la carte. À l’instar des châssis, le choix des couleurs est très vaste, quel que soit le matériau retenu.

Outre le choix d’un point de vue purement décoratif (les éléments visibles), il faut aussi prendre en compte les éléments de sécurité (serrure et mécanisme de verrouillage). On conseille toujours, pour une porte, un minimum de trois points de fermeture. Vous pouvez aussi ajouter des points de fermeture à tête de champignon sur les serrures pour rendre la tâche de tout éventuel cambrioleur aussi pénible que possible.

N’oubliez surtout pas les portes arrière ! On constate trois fois plus d’effractions par la façade arrière que par la façade avant.

Lire aussi > Remplacer des fenêtres sans permis d’urbanisme

5. La fenêtre de toit : vue sur le ciel

Pour les fenêtres de toit, on s’oriente généralement vers les systèmes sur mesure proposés, par exemple, par Velux ou Roto. Ces systèmes sont spécialement conçus pour être placés dans une toiture inclinée. Mais si vous préférez un éclairage zénithal par le biais de grands lanterneaux ou de baies vitrées dans le toit, les profilés employés pour la menuiserie extérieure verticale peuvent proposer des solutions plus adaptées et plus élégantes. Pour ces ouvrages vitrés en toiture, on opte généralement pour l’aluminium. Le PVC, le bois et l’acier sont moins courants.

Les structures doivent être parfaitement étudiées par le constructeur. La vitre doit toujours pouvoir supporter une charge de neige de 60 centimètres, ce qui requiert une certaine épaisseur de verre. La nouvelle norme en matière de vitrage, NBN S23-002, en vigueur depuis 2007, préconise, pour au moins l’un des panneaux vitrés, du verre feuilleté avec un minimum de deux films. Ce verre adapté est plus épais et donc plus lourd. Dans le cas d’une maison existante, assurez-vous que la structure de la toiture peut supporter une telle charge.

Les fenêtres de toit sont aussi plus coûteuses qu’une simple fenêtre verticale, parce que les éléments de fixation au revêtement de toiture doivent être adaptés ; on utilise en général de l’aluminium que l’on peut plier en fonction des besoins.

Sur une toiture plate, on peut aussi choisir des coupoles. Celles-ci existent dans les formes et les dimensions les plus éclectiques. Pour les ouvrir, les modèles les plus récents sont équipés de systèmes, soit manuels, soit électriques. L’inconvénient des coupoles est leur isolation thermique et acoustique, qui laisse encore à désirer.

6. Se protéger du soleil en toutes circonstances

Un pare-soleil n’implique pas seulement un joli coin d’ombre ; il évite aussi que la maison ne surchauffe lorsque les rayons du soleil y pénètrent en abondance. Une telle chaleur réduit le confort de vie et nous pousse parfois à mettre en oeuvre des techniques énergivores, tel le conditionnement d’air, pour rafraîchir la maison. Un pare-soleil est dès lors indispensable au niveau des fenêtres, des façades vitrées et des vérandas orientées plein sud, sud-ouest et sud-est. Mais il n’est pas toujours simple de mettre en oeuvre une protection solaire.

La première étape de la protection solaire se franchit lors du choix du vitrage. Vous pouvez le faire recouvrir d’un coating spécial, qui empêche un ensoleillement total. Le degré d’ensoleillement toléré peut être réglé avec précision. Le flux de chaleur solaire qui entre dans la maison est désigné par le coefficient de facteur solaire ou FS.

Le bémol d’un vitrage pare-soleil est qu’il empêche aussi la chaleur solaire d’entrer en hiver. Mais il s’avère intéressant et est particulièrement conseillé dans les lieux où il est difficile de mettre en oeuvre une autre forme de protection solaire.

Si vous n’avez pas tenu compte des propriétés pare-soleil d’un vitrage au moment du choix, vous pouvez encore y apposer un film. On le pose du côté intérieur du vitrage et il a le même effet que le coating du vitrage pare-soleil. L’avantage est qu’il coûte moins cher que n’importe quel autre système de protection solaire et se pose quasi partout.

Une protection solaire peut être mise en oeuvre de deux manières : à l’intérieur ou à l’extérieur. La protection solaire externe est la plus efficace. Des volets, des lamelles ou des stores posés à l’extérieur permettent de retenir entre 85 et 90 % de la chaleur. Pour ce qui est des pare-soleil intérieurs – volets, lamelles, stores ou tentures -, ils retiennent entre 35 et 65 % de la chaleur.

Les fenêtres verticales sont les plus faciles à protéger ; pour les fenêtres horizontales et inclinées, c’est une autre histoire. Quant aux formes particulières (fenêtres rondes ou en forme de trapèze, ou fenêtres en toiture), vous devrez vous procurer un pare-soleil spécial et sans doute faire appel à un spécialiste. Mais tant pour l’extérieur que pour l’intérieur, la gamme des pare-soleil est très étendue, de telle sorte qu’il est toujours possible de trouver la solution adaptée à votre situation.

Si vous êtes prévoyant, au stade du projet, vous pouvez prendre des mesures d’ordre architectural contre la surchauffe. Une terrasse couverte, une saillie, une avancée de mur perpendiculaire à une fenêtre…

La nature aussi peut donner un coup de pouce. L’ombre des arbres ou d’autres éléments de l’environnement peuvent être utiles pour se protéger d’un soleil au zénith. Si vous optez pour l’ombre des arbres ou des buissons, privilégiez les feuillus. En été, leurs feuilles font office de pare-soleil ; en hiver, ils seront nus et laisseront passer le soleil.

En choisissant les plantes, n’oubliez pas que l’orientation de la maison ainsi que la distance entre les plantes et la façade jouent un rôle important. Si vous n’y connaissez pas grand-chose, demandez conseil quant aux espèces de plantes à choisir (hauteur, distance entre les plantes…). Des arbres trop courts ou trop hauts peuvent donner un résultat décevant. N’oubliez pas non plus qu’il faut quelques années avant que les arbres ne soient suffisamment grands pour servir de pare-soleil efficace.

7. La véranda, une pièce à vivre à part entière

Véranda, orangerie, jardin d’hiver… Autant de noms que nous donnons à la serre que nous annexons de plus en plus fréquemment à nos maisons. Une véranda est bien plus qu’une simple extension à la maison ; par les journées ensoleillées d’hiver et en demi-saison, c’est un lieu des plus agréables pour profiter du soleil.

Si l’on veut profiter pleinement d’une véranda, sa relation avec l’habitation sera très importante. Si vous rêvez d’une véranda, tenez compte, lors de l’élaboration du plan, de son implantation future. Et en cours de travaux de construction, n’oubliez pas de prévoir les canalisations d’attente et les utilitaires pour vous faciliter la tâche au moment de la pose de la véranda.

Lors de l’élaboration du plan, accordez toute l’attention nécessaire à son implantation précise. Préférez-vous que la véranda vienne agrandir la cuisine ou le séjour ? Ou voulez-vous la concevoir comme une pièce à part ? Autant de choix qui ont une incidence non négligeable sur le concept de la véranda.

Si la véranda est annexée à la cuisine, elle aura le plus souvent une orientation plein est, afin de s’éclairer et de se réchauffer des rayons de soleil matinaux.

Si elle prolonge le séjour, l’orientation idéale sera plein sud. Dans ce cas, il faudra prévoir un pare-soleil adéquat. Optez en tout cas pour un bon vitrage pare-soleil si vous souhaitez vous installer dans la véranda lorsque le soleil brille. Un pare-soleil externe supplémentaire ne sera pas un luxe superflu par les journées de fortes chaleurs (voir aussi ci-dessus : se protéger du soleil en toutes circonstances).

Dans un cas comme dans l’autre, il peut s’avérer utile de disposer d’une fenêtre automatisée dans la véranda. Vous pourrez l’utiliser pour rafraîchir la véranda de nuit, après une journée très chaude.

La véranda peut également être affectée à de tout autres fonctions, comme pièce de loisirs ou comme serre pour cultiver des plantes. Dans ce cas, la relation avec l’habitation assumera un tout autre registre et la véranda sera alors considérée comme espace complémentaire à la maison.

Texte Tim Vanhove
Photo Belisol

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