A la recherche de l’eau pure

Traitement de l'eau

Dans un pays aussi peuplé que le nôtre, il est impensable de laisser nos eaux usées s'écouler comme bon leur semble. Elles pollueraient autant les eaux de surface que les nappes phréatiques. Que faut-il faire?

Dans un pays aussi peuplé que le nôtre, il est impensable de laisser nos eaux usées s’écouler comme bon leur semble. Elles pollueraient autant les eaux de surface que les nappes phréatiques. Que faut-il faire?

Le Belge consomme en moyenne 120 litres d’eau pure par jour pour son confort. Soit 12 seaux de 10 litres. Ou 43.800 litres par an. Une famille de trois personnes produit donc 131.400 litres d’eaux usées par an. Et nous ne sommes en Belgique que quelque 10 millions d’habitants! Il est donc impératif de récolter et d’assainir les eaux usées que nous produisons… sous peine de voir nos régions se transformer en véritable hécatombe polluée.

L’épuration de l’eau: pour qui et comment?

Nous ne sommes pas tous tenus de prendre en charge l’épuration de nos propres eaux usées. La plupart d’entre nous peuvent se raccorder à un réseau d’égouttage public. Il peut s’agir soit d’un système d’égouts séparé (eau de pluie et eaux usées séparées), soit d’un système d’égout global (toutes les eaux dans une seule et même évacuation).

Que vous deviez épurer vous-même vos eaux usées ou les filtrer depuis un système d’égouttage existant, différentes possibilités s’offrent à vous.

Raccordement obligatoire à l’égout (sans épuration)

Si votre habitation est située en zone 1, la situation est relativement simple. Votre conduite d’évacuation rejoint le point de raccordement prévu et vous devez payer les frais de raccordement (montant forfaitaire fixé par la commune).

Mais certaines communes exigent des équipements supplémentaires. Ainsi, en fonction des prescriptions locales, il faudra parfois prévoir (dans le système d’évacuation et avant le raccordement à l’égout):

un bac dégraisseur: placé après la conduite d’évacuation de la cuisine, il empêche les graisses, plus légères, d’atteindre l’égout, ce qui pourrait engendrer des problèmes. Il doit être vidé régulièrement.

un déboucheur: collecte les plus gros déchets qui se déposent rapidement comme les petits cailloux, le sable… Il doit être vidé régulièrement.

une fosse septique: ici n’arrivent de préférence que les “eaux noires” (wc). Ce système assure le dépôt des déchets “lourds” qui sont ensuite débarrassés de leurs bactéries. Ce principe est aussi appelé liquéfacteur. Le trop-plein de la fosse septique s’écoule directement dans les égouts, s’il y a lieu, ou vers un poste d’épuration perfectionné (voir plus loin). Pour en savoir plus, surfez sur le site de la SPGE (Société publique de gestion de l’eau) qui s’occupe, dans sa totalité, de la problématique de l’eau: www.spge.be. L’assainissement des eaux usées est repris dans les plans d’assainissement par sous-bassins hydrographiques (PASH).

En Flandre, la fosse septique doit être vidée chaque année. En Wallonie, le procédé n’est jusqu’à présent que conseillé.

Traitement individuel des eaux usées

Deux possibilités: soit vous évacuez les eaux traitées (et partiellement épurées) dans les égouts, soit vous en assurez l’épuration complète et l’évacuation. Cette dernière peut se faire en laissant l’eau assainie s’écouler dans le sol ou dans un ruisseau. Votre première étape sera une visite à votre maison communale où l’on vous expliquera précisément les aléas de l’épuration individuelle.

Epuration avant évacuation dans les égouts

Si la rue est raccordée à un système d’égouts, l’épuration du particulier se limite généralement à l’installation d’équipements mentionnés ci-dessus (bac dégraisseur, déboucheur, fosse septique) avant le point de raccordement. S’il s’agit de nouvelles installations, l’équipement devra être complété par une épuration biologique. Les exigences et spécifications en la matière sont fixées par la commune.

Epuration individuelle complète

Si, pour la plupart, les maisons sont raccordées d’une manière ou d’une autre à un réseau d’égouts en Belgique, c’est un peu moins vrai en Wallonie où la densité de l’habitat est plus faible. Le domaine de l’épuration individuelle est relativement complexe et nous nous limiterons donc à un aperçu des solutions possibles et un renvoi aux instances qui pourront vous donner une information plus détaillée, voire personnalisée.

N’oubliez pas que certains subsides sont accordés pour l’installation de systèmes d’épuration individuels… qui peuvent s’avérer coûteux. Dans certains cas, ces installations d’épuration sont centralisées et desservent plusieurs maisons individuelles, mais elles dépendent toujours d’initiatives locales en collaboration avec les autorités communales ou les services compétents en la matière.

L’épuration commence par un prétraitement réalisé au moyen des équipements déjà cités (bac dégraisseur, déboucheur, fosse septique). Certains systèmes commercialisés intègrent le prétraitement à l’épuration biologique. Une fosse septique existante peut éventuellement faire office de prétraitement. Vient ensuite l’épuration biologique où deux sortes de systèmes sont utilisables: les systèmes dits “intensifs” et les systèmes dits “extensifs” (utilisant des plantes).

Les systèmes intensifs sont des installations techniques qui utilisent pompes et moteurs pour le traitement des eaux.

Elles s’installent rapidement, prennent moins de place que les systèmes extensifs, demandent peu d’entretien, sont enterrées et ne gênent donc pas visuellement. Cependant, elles peuvent être bruyantes, elles sont coûteuses et énergivores. Vous avez le choix entre différents systèmes: biomasse fixée sur des supports fixes ou mobiles, boues activées, systèmes à biodisques, filtre bactérien aérobie.

Les systèmes extensifs ont pour principe le traitement naturel des eaux usées par filtre planté, lagunage, etc., sans intervention mécanique. Ils trouvent naturellement leur place dans un cadre rural, ont une grande durée de vie, ne consomment pas d’énergie, ne produisent que peu ou pas d’odeurs désagréables, mais demandent une grande surface, ont un rendement lié aux saisons risquent d’attirer des indésirables (moustiques, rats…) et sont sensibles au colmatage.

Si vous voulez en savoir plus sur l’assainissement individuel des eaux usées en Région wallonne, rendez-vous sur le site http://mrw.wallonie.be/dgrne ou sur http://environnement.wallonie.be (cliquez sur Eau, puis sur Epuration individuelle). Vous pouvez aussi commander la brochure gratuite “Tout savoir sur l’épuration des eaux en Région wallonne” au numéro vert 0800/11.901.

Conclusion

L’épuration des eaux usées est un domaine complexe sur lequel les autorités travaillent très activement. Le meilleur conseil que nous puissions vous donner est de prendre contact avec votre commune et vérifier avec les fonctionnaires compétents les prescriptions qui s’appliquent à votre maison.

Les problèmes liés aux égouts et à l’épuration des eaux usées peuvent aussi constituer un argument financier important lorsque vous envisagez d’acheter une maison. Si la situation est telle que vous devrez engager des frais spécifiques pour l’installation d’un système d’épuration, il y a matière à négociations pour obtenir une réduction du prix de vente de la maison.

Texte: Jef Sels

SupplémentTypes d’eaux usés recyclables

Les eaux se classent en trois catégories.

1. L’eau de pluie: il ne s’agit pas ici d’une eau usée, bien entendu. La collecte et l’utilisation de l’eau de pluie est fortement encouragée en Flandre (primes) et même parfois obligatoire. Si tous les bâtiments étaient équipés d’une citerne à eau de pluie proportionnelle à leur grandeur, la somme de tous ces volumes aurait un effet tampon dans des situations d’intempéries importantes. Les égouts et certains ruisseaux seraient moins engorgés, diminuant, par la même occasion, les risques d’inondations. (Le mois prochain, nous approfondirons ce thème.)

2. Les eaux grises: ce sont toutes les eaux usées produites dans la maison, à l’exception de celles qui proviennent des toilettes. Cuisine, salles de bain, lave-linge, lave-vaisselle, nettoyage…

3. Les eaux noires: ce sont les eaux en provenance des toilettes. Comme elles sont en général traitées bactériologiquement dans une fosse septique, tout usage excessif d’eau de Javel, de savon… est déconseillé. Ces produits inhibent ou ralentissent l’action des bactéries.

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